234933  Le Tampon : 4 dans 25 m² 

Société

Le Tampon : 4 dans 25 m²

Quand Le Tampon se targue d’être la deuxième plus grande ville du sud, cela ne saurait cacher les situations de détresse dans lesquelles se trouvent certaines familles et notamment pour l’une d’elle qui a tout quitté à Madagascar pour s’installer à La Réunion.

Le fait qu’on dise que cette famille vient de Madagascar ne va pas manquer de susciter un relent de critiques racistes dont seuls certains connaissent la recette et les secrets. Mais bon.

Il y a un an. Monsieur C*, français d’origine, marié à une malgache, et qui a travaillé 10 ans à Madagascar quitte la grande île pour regagner le territoire français. Bien qu’ayant deux enfants, l’un de 12 ans à l’époque et un autre de 2 ans il décide dans un premier temps de venir seul à La Réunion pour trouver un emploi et un logement.

A défaut d’avoir avec lui sa famille, les bailleurs sociaux lui fournissent alors un logement de 25 m² situé dans une des cités sur le boulevard du général de Gaulle.

Quelques temps après c’est au tour de sa femme de le rejoindre avec leurs deux enfants.

Arrivés ici les voilà tous les quatre obligés de vivre dans 25 m².

Devant ce fait, le couple fait les démarches pour pourvoir bénéficier d’un logement pouvant accueillir décemment un adolescent aujourd’hui âgé de treize ans et demi et un enfant de 3 ans et demi.

A chaque fois, les bailleurs leur demandent des attestations d’impôts sur le revenu qu’il ne peut fournir du fait qu’à Madagascar explique la femme, il n’y a pas de déclarations fiscales.

Puis lorsque les bailleurs finissent par répondre favorablement à leur demande il y a environ un mois, c’est – dit encore la femme – pour leur fournir un logement au rez-de-chaussée de la cité où ils vivent et là où se tiennent à longueur de journée des gens oisifs dont la seule et grande activité consiste à lever le coude et à rouler des feuilles.

Devant ce décor, la femme explique que « Moi, j’étais à Madagascar. J’avais une entreprise dans la pâtisserie. J’ai toujours travaillé et ne peux accepter que mes enfants soient face à ce genre de situation et d’exemple » avant de rajouter « Si j’ai quitté Madagascar c’est que mon fils ainé était atteint d’une pneumonie qu’il fallait soigner de toute urgence. Je ne veux pas qu’il soit soumis aujourd’hui à des effluves nocifs pour la santé et autres stress à présent ».

Une situation que semble ignorer les bailleurs sociaux et qui fait qu’aujourd’hui encore, ce couple – qui a souhaité garder l’anonymat de peur d’être mal vu – vit toujours dans 25m² avec leurs deux enfants, un ado de 13 ans et demi et un autre de 3 ans et demi sans que d’aucuns ne s’en soucient sous prétexte que…

* Anonymat requis

le 31/07/2020 à 15h18min07s Lu 0 fois

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