Khyensé Rinpoché, un maître bouddhiste à Mont-Vert-Les-Hauts

On ne sait quelle mouche a piqué le bouddhisme pour qu’il s’intéresse à La Réunion. Mais une chose est sûre depuis quelques temps déjà, qu’il soit du mahāyāna, de l’hinayana, le bouddhisme a jeté son dévolu sur ce département de 2512 km² qui compte déjà en ses murs une myriade de confessions.

Après l’avènement de Dharma Réunion, du Centre Gyeltsabje c’est au tour du Centre du bouddhisme de Mont-Vert-Les-Hauts d’apparaître dans le paysage réunionnais, sous la férule de Do Khyensé Rinpoché, de la lignée des Nyingmapa.

Mont-Vert-Les-Hauts avec ses habitants très accueillants et aimables, ses routes sinueuses perdues dans des champs de canne à sucre qui n’en finissent plus, ses collines alentours verdoyantes et humides a quelque chose de magique où le temps semble s’être arrêté sous une majestueuse houppelande de verdure.

Mais à le voir ainsi, Mont-Vert-Les-Hauts n’a pas tout dit. En empruntant le Chemin Antoine Picard, il révèle à qui veut voir un pan caché de son histoire secrète mais ouverte au monde.

En effet, sur une colline où flottent et claquent aux vents des Alizés d’immenses drapeaux colorés, dans une maison cossue et merveilleusement aménagée de couleurs chatoyantes, vives et pleines de sérénité, se tient dit-on la sagesse incarnée.

Khyensé Rinpoché

Celle d’un maître authentique du bouddhiste tibétain de la lignée des Nyingmapa ou bonnet rouge né jadis en Inde, au Népal, au Tibet ou quelque part par là si ce n’est directement de Déwatchen, la Terre Pure du Bouddha Amithaba. Le bouddhisme tibétain est si complexe qu’à trop vouloir savoir on en perd son latin. Toujours est-il que ce maître – et non un moine car il n’a fait de vœux d’aucune sorte et peut avoir compagne – du nom de Do Khyensé Rinpoché, fut, dès le ventre de sa mère reconnu comme un Boddhisatva, être éveillé venu expressément pour soulager de la souffrance les hommes en quête de bien-être.

Dès l’âge de huit ans c’est lui-même qui aurait demandé à ses parents de le laisser partir auprès du Lama Rinzang afin de recevoir une éducation d’érudit et d’être initié aux rites du bouddhisme tantrique. Un bouddhisme importé sur le toit du monde par Padmasambhava, maître bouddhiste indien du VIIIème siècle reconnu par l’école Nyingma comme le second bouddha et plus connu sous le nom de Guru Rinpoché (précieux maître). Un bouddhisme assez particulier empreint de mantra (formule sacrée et condensée) et de tantra (doctrines et rituels initiatiques) nommé aussi véhicule de diamant ou vajrayāna tant la doctrine selon les exégèses serait de nature indestructible et brillante et tout autant foudroyante de par sa capacité d’être destructrice de l’ignorance.

Une quête insatiable pour une paix insondable

Le bouddhisme tibétain on l’aura compris est plein de merveilleux, qui, si sur le fond entend reprendre l’enseignement de Siddhārtha Gautama – prince d’une grande lignée ayant renoncé à tout pour atteindre l’Eveil – sur la forme il n’est pas aussi épuré que la doctrine du Bouddha historique. Normal si l’on juge que ce bouddhisme importé de l’Inde par un érudit dont la culture était empreint d’hindouisme et de shivaïsme fusse-t-il reconnu par les Tibétains comme une manifestation du Bouddha, a dû faire avec les coutumes locales pour pouvoir s’y enraciner.

C’est ainsi qu’il est commun, en ce qui concerne le bouddhisme tibétain, d’apprendre que tout maître s’installant à un endroit précis ne le fait que via une volonté supérieure.

Khyensé Rinpoché

S’agissant de l’installation de Do Khyensé Rinpoché à La Réunion, ce fait ne relève pas du hasard. En pèlerinage au Bhoutan il y rencontra un Américain malade. L’un des Khenpo (professeur du bouddhisme) présent lui demanda alors de le guérir. Il est bien connu dans la tradition tibétaine que les maîtres de cette envergure ont des capacités psychiques à influer positivement sur l’aura de ceux qui les entourent.

C’était la première fois que Do Khyensé Rinpoché avait un contact avec l’Occident et cette action bénéfique en faveur d’un occidental l’amena par la suite à recevoir des invitations de par le monde. Et c’est en mai 2010 que Do Khyensé Rinpoché vint pour la première fois à La Réunion. Accueilli à l’Ashram de Saint-Louis par Swami Prémananda dans le courant de la même année, en septembre, un généreux donateur mis à sa disposition une maison à Mon-Vert-Les-Hauts pour qu’il y établisse un centre spirituel et y propage l’enseignement du bouddhisme tibétain. Un enseignement que d’aucuns peuvent profiter en contactant l’association Tcheulang au 0692 121 984 ou au 0262 688 206.

(Article écrit le 05/09/20215)

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