Des centaines de ruches brulées à La Réunion

Après la découverte le 5 juillet de la présence de l’Aethina tumida ou coléoptère des ruches à La Réunion, la DAAF a procédé à leur destruction.

La méthode est radicale puisqu’il s’agit – dès lors qu’une des ruches du rucher se trouve habitée par l’Aethina tumida – tout simplement de les brûler toutes.

C’est ainsi que dans le sud du département où l’insecte a été repéré plusieurs ruchers sont partis en fumée au détriment des apiculteurs soit environ 150 ruches pour le moment sans compter celles à venir.

Les dommages sont considérables et les apiculteurs réunionnais ne comprennent pas pourquoi une telle mesure alors même que l’arrêté préfectoral N° SALIMPSPAE-2022-982 est clair à ce sujet.

En effet, outre le fait d’avoir prévu des zones de protection et de surveillance, pour chacune d’elles, il apparait que la Direction de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt (DAAF) peut, selon l’article 3 relative aux mesures mises en place dans la zone de protection et l’article 4 relative aux mesures mises en place dans la zone de surveillance, procéder à titre préventif à la destruction des colonies et ce d’autant plus qu’ « il s’agit de la toute première détection de ce danger sanitaire en France » selon le Point Vétérinaire.

Pour autant, parmi les apiculteurs qui se sont réunis à Saint-Philippe, d’aucuns mettent en avant le fait que la prolifération est devenue incontrôlable puisque le ravageur serait sur plusieurs points du département. D’autres avancent que bruler les ruches ne servent à rien dans la mesure où diverses colonies sauvages se trouvent dans la nature et que de ce fait le coléoptère peut aussi s’y trouver et ce d’autant plus que lors de la nymphose, la larve du nuisible quitte la ruche pour s’enterrer dans le sol.

Cependant pour radicale qu’elle soit, cette mesure prise par la préfecture n’est pas sans rappeler ce qui se passe en Australie où face à la réapparition du varroa notamment à Newcastle, en Nouvelle-Galles-du-Sud, les autorités ont décidé de bruler des milliers de ruches afin d’éradiquer sur leur sol cet autre ennemi des abeilles.

Cette procédure ayant été bénéfique à l’industrie du miel en Australie après son apparition en 2016, 2019 et 2020 peut-être que la mesure radicale prise par la préfecture de La Réunion à l’égard de l’Aethina tumida, parviendra-t-elle aussi à éradiquer du département ce nouvel intrus venu comme le varroa de l’extérieur de notre département.

En effet, avant 2017 le varroa n’existait pas à La Réunion et avant la date fatidique du 5 juillet 2022 l’Aethina tumida non plus.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.