Varroa, Aethina  et si les roches importées de Madagascar y étaient pour quelque chose ?!!

Si jusqu’en 2017 La Réunion était préservée du varroa destructor et jusqu’au mois de juillet 2022 de l’Aethina tumida, il apparaît aujourd’hui que ces deux vermines des abeilles deviennent de véritables dangers pour l’apiculture réunionnaise.

Les apiculteurs réunionnais n’avaient pas besoin de ça mais bien malgré eux les voilà confrontés à la réalité du varroa destructor et du petit coléoptère de la ruche. L’un se nourrit de la nymphe des abeilles, l’autre du miel, du pollen et des œufs de l’apis millifera.

Passer l’étonnement et surtout la destruction des ruches par la DAAF qui ne fait que suivre un protocole suite à la détection de l’Aethina tumida, il convient de s’interroger sur la présence de ces parasites à La Réunion et ce  d’autant plus que l’arrêté préfectoral n° 413 du 24 mars 2016 est très clair à ce sujet notamment sur l’interdiction faite d’introduire à La Réunion des abeilles vivantes ou mortes, tout matériel apicole ayant servi à l’exploitation d’un rucher, tout miel ou pollen à visée de nourrissement, toutes cires d’abeilles ayant servi à l’exploitation d’un rucher.

Certes, il est vrai que le varroa était déjà présent dans l’océan Indien notamment à Madagascar depuis 2010 et à Maurice depuis 2014 et que le petit coléoptère de la ruche était déjà signalé à Maurice en 2016 et à Madagascar en 2015 (Quo vadis Aethina tumida? Biology and control of small hive beetles). Mais comment se fait-il qu’avec toutes les mesures prises par la préfecture, ces deux ravageurs sont rentrés à La Réunion ?

Est-ce du fait réfléchi d’une tierce personne malintentionnée ? Est-ce du fait des importations tous azimuts sur notre territoire de matériels, de plantes et d’animaux malgré les interdictions préfectorales ? Est-ce juste le fruit du hasard ? Une abeille infectée, ou le nuisible seul était sur un quelconque support ?

Où est-ce dû à l’importation des roches venues de Madagascar pour fabriquer la nouvelle route du littoral (NRL) et prélevées dans les carrières de la Grande Île et qui fait qu’aujourd’hui La Réunion se retrouve envahie par des bestioles dont elle se serait bien passée. Bien sûr ces roches ont dû être minutieusement inspectées avant d’être livrées. Mais la crainte d’une atteinte de la faune et la flore réunionnaise était bien réelle pour que le cahier des charges fasse état que «les roches importées n’impactent pas la faune et la flore du littoral» comme le cite Réunion 1ère. Mais il suffit d’une seule inattention pour que l’impensable se produise. Voit-on réellement une abeille avec un varroa femelle sur son dos se poser sur des tonnes de roches ? Voit-on réellement un petit coléoptère des ruches, dont la nymphose se fait dans la terre, se faufiler au travers d’un amas de galets ? Nous pouvons en douter…

Bien entendu, ce ne sont que des supputations mais on constatera quand même que le varroa destructor a fait son apparition dans la région de Saint-Denis le 4 mai 2017. L’apparition de ce destructeur suit la livraison à La Pointe des Galets de 10 000 tonnes de roches le jeudi 19 novembre 2015, de 9 autres tonnes le lundi 4 janvier 2016 tel que le révélait imazpress et toutes en provenance de Madagascar sans compter ce qui devait être livré à savoir 150 000 tonnes alors même qu’il n’était pas prévu que le ravitaillement se fasse hors du département.

Comme nous le disions précédemment, le varroa et l’aethina tumida étaient déjà présents à Madagascar. L’importation d’agrégats de cette zone n’était pas sans risque et il se peut donc que nos problèmes apicoles actuels émanent indirectement de la construction de la Nouvelle Route du Littoral. Mais nous le répétons, ce ne sont que des supputations. Bien loin de nous l’idée d’accuser qui que ce soit ou de trouver un quelconque coupable pour jeter à la vindicte populaire. Mais la réflexion est légitime et la question mérite d’être posée.

Et si toutes nos réflexions sont fausses alors peut-être que ces deux vermines sont apparues d’Ex nihilo, par magie. Après tout, ne sommes nous pas sur une terre de croyants

 En tous cas espérons qu’il n’y aura pas, en plus la loque et tout autre ennemi supplémentaire de l’abeille à La Réunion.

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