Polémique sur les nouvelles règles du survol du Parc National des Hauts

Le Parc National des Hauts envisage dans une consultation qui se terminera le 15 août de revoir sa copie relative au survol de cet espace protégé et inscrit au patrimoine de l’Unesco.

C’est ainsi que pour protéger l’avifaune, notamment le Tuit-tuit, le Pétrel Noir de Bourbon et le Pétrel de Barau, que les survols de La Roche-Ecrite, de Grand-Bassin et du Grand-Bénard à moins de 1 000 mètres d’altitude ainsi que les déposes vont être interdits hormis bien entendu les activités de secours, de sécurité civile, d’inspection d’urgences des ouvrages, de police et de douanes.

Cette interdiction vaut aussi pour La Rivière des Remparts à ceci près que le survol pourrait se faire à partir de 400 m. De quoi mettre le feu aux poudres pour certains écologistes et amoureux de la nature qui semble ne pas comprendre la logique du service de protection de l’environnement.

En effet, le survol est à la fois interdit tant aux hélicoptères qu’à tous autres aéronefs sans équipage à bord, entendons, les drones.

C’est ainsi que d’aucuns ayant eu vent de ce projet se disent totalement défavorables à la nouvelle mouture de la réglementation.

Ainsi un internaute parmi tant d’autres fait savoir que «je déplore cependant un grand manque de cohérence entre les réglementations destinées aux hélicoptères et celles destinées aux drones : les drones vont se retrouver interdits dans de nombreux lieux pour soit disant créer des “zones de quiétude”, or pour la plupart de ces lieux les hélicoptères eux resteront totalement autorisés (exemple : trou de fer, takamaka,..). Cela est totalement incohérent avec la volonté de créer des zones de quiétude : les hélicoptères sont extrêmement plus bruyants que les drones et ils impactent également visuellement le paysage. Si la volonté derrière l’interdiction des drones dans certaines zones est bel et bien de “limiter les conflits d’usage avec les personnes souhaitant profiter de la quiétude des lieux”, pourquoi ne pas en premier lieux interdire les hélicoptères dans un large rayon autour de ces lieux ? »

D’autres interpellent sur le vol incessant des hélicoptères au-dessus de Mafate, Cilaos et Salazie en ces termes «Je trouve cela regrettable que l’arrêté ne prévoit pas de créneau de quiétude pour Mafate, Cilaos et Salazie notamment qui sont dans un balai incessant d’hélicoptères et Ulm. Ces survols impactent également toutes les zones habitées qui sont sur le trajet de ces aéronefs qui respectent rarement les hauteurs de vol… je ne pense pas que cela soit prématuré de réglementer cette question sur les horaires de vol. Certes le tourisme est important mais préserver notre patrimoine l’est plus encore. Et bon nombre de touristes sont choqués et dérangés par les nuisances sonores quand ils se rendent dans les cirques. » avec un bémol cependant pour l’un d’entre eux qui met en avant que « On pense aux oiseaux certes mais certainement pas aux besoins des Mafatais pour qui l’hélicoptère est le seul moyen de transport…marchandises etc ..depuis l’arrivée du parc trop et trop de contraintes..(loi élan etc ..)»

De leur côté les écologistes notamment Gladys Chaillet, vice-présidente de l’association KOLAIR974 et Vincent Defaud, porte-parole de Génération Ecologie La Réunion font savoir leur total mécontentement dans un communiqué commun qui dit :

Un nouveau projet d’arrêté « portant règlementation du survol motorisé et des déposes en hélicoptère en cœur du Parc National de la Réunion » fait actuellement l’objet d’une consultation publique (jusqu’au 15 août), suscitant beaucoup d’interrogations et de critiques à la lecture des nombreux avis déjà exprimés.

Ces critiques sont fondées puisque contrairement à ce qui est énoncé dans l’intitulé du nouvel arrêté, la majeure partie du cœur du Parc (environ 85%) n’est absolument pas concernée par les modifications de réglementation. Seules des aires très restreintes bénéficiant déjà de mesures plus restrictives, sont visées par ce nouvel arrêté.

Alors pourquoi cet intitulé, et pourquoi, dans l’énoncé des motivations, prétendre « préserver le caractère immatériel du Parc espace de quiétude et de ressourcement » ???

Or il s’agit bien là de ce que les Réunionnais.es et les touristes attendent des autorités qui gèrent le Parc National de la Réunion ! Tous souhaitent une forte diminution, voire une totale interdiction, de ce tourisme aérien qui n’a pas sa place au-dessus d’espaces naturels aussi exceptionnels mais qui deviennent de plus en plus infréquentables en raison des nuisances sonores croissantes générées par les engins motorisés (hélicoptères, ULM, et maintenant drones, moins bruyants mais plus invasifs au plus près des habitats de la faune, ou des randonneurs).

Forcément ce projet d’arrêté, qui ne prévoit pas la plus petite mesure pour réduire ces nuisances, déçoit et mécontente beaucoup de monde. Et l’on ne comprend pas les « 2 poids 2 mesures » qui s’appliquent une fois de plus à la Réunion où les survols du Parc sont autorisés (hors les 15% de zones protégées) à moins de 1000m, ainsi que les déposes, alors qu’ils sont interdits dans l’Hexagone.

L’association KOLAIR974 et Génération Écologie La Réunion insistent auprès des pouvoirs publics pour que nous soyons traités sur un pied d’égalité avec l’Hexagone, et que des mesures soient prises afin que les Réunionnais puissent vivre en paix, non seulement dans le Parc National mais aussi partout où les nuisances sonores sont devenues insupportables.

A l’heure où la sobriété énergétique est imposée comme modèle par le gouvernement et même les sociétés pétrolières, à l’heure où la France est condamnée pour inaction climatique et où les Réunionnais subissent de plein fouet la flambée des prix des carburants, il nous paraît indécent de favoriser un tourisme basé sur le gaspillage d’énergies fossiles extrêmement polluantes et grandes émettrices de gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique. Les écologistes préfèrent un tourisme responsable, un « slow » tourisme où les individus prennent le temps, respectent et découvrent une culture, la Nature, la biodiversité et les paysages en limitant strictement les impacts des pollutions de toutes sortes.

 Nous invitons les Réunionnais.es et tous les amoureux de notre île à la mobilisation citoyenne en participant à la consultation publique en ligne – attention date limite le 15 août – relative à ce projet d’arrêté sans réelle ambition écologique. Exprimez-vous ! N’hésitez pas à donner un avis défavorable, si possible assorti de commentaires

http://www.reunion-parcnational.fr/fr/le-parc-national-de-la-reunion/reglementation/le-survol-motorise

https://formulaires.ofb.fr/consultation-publique-reglementation-survol-parc-national-de-la-reunion-1654684069

Une réflexion sur “Polémique sur les nouvelles règles du survol du Parc National des Hauts

  • 16 août 2022 à 11h33
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    Pour information, l’AVIS de l’Association Citoyenne de Saint-Pierre-REUNION, association environnementale indépendante, strictement bénévole, 22 années d’existence, est disponible sur notre site. Avec une analyse détaillée du projet du PNR, et des remarques complémentaires.
    L’Association Citoyenne est membre de la CCE Pierrefonds-aéroport, et cela fait 5 années que le combat est engagé (avec une quinzaine de collectifs et associations qui nous soutiennent) sur cette problématique des survols motorisés touristiques de LOISIR qui DENATURE notre petite île.

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