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Nouvelle-Calédonie : on colonise de force les Kanaks et on leur demande un référendum pour qu’ils acquièrent leur indépendance

En 1853, la Nouvelle-Calédonie est colonisée sans demander quoi que ce soit aux Kanaks, peuple autochtone de l’archipel tant et si bien qu’en 1878 ceux-ci se révoltent.

Une révolte qui aboutit de la part des colonisateurs français en un massacre et au déplacement de la population autochtone pour s’approprier es terres les plus riches du territoire.

Dans la foulée, les Kanaks sont réduits à une population de seconde zone sans autre droit que de se plier aux exigences des colonisateurs français qui leur imposent le système de l’indigénat.

Il faudra attendre 1946 pour que les Kanaks aient le statut de citoyens français et le droit de vote.

Mais le mal est fait. Les stigmates de la colonisation imprègnent alors la culture Kanaks qui ne se reconnaissent encore moins dans idéaux de la République française.

Attachés à leur terre, à leur culture, ils n’ont de cesse de revendiquer celles-ci et l’indépendance qui va avec tant et si bien qu’entre 1984 et 1988 ceux-ci se révoltent à nouveau obligeant l’Etat français à mettre en place les accords de Matignon pour une décolonisation en douceur.

Dans l’esprit des Kanaks, sûrement cet accord ne pouvait qu’aboutir à l’indépendance du territoire mais c’était sans compter sur la mise en place de 3 référendums dont le dernier est totalement pipé du fait de l’Etat français lui-même qui refuse en pleine crise de la Covid de répondre favorablement à demande des Kanaks de le repousser afin que selon leur tradition ils puissent faire le deuil de leurs défunts sur un an.  Ce référendum maintenu donne la victoire au « Oui » avec seulement la participation des Caldoches (descendants des blancs colonisateurs). Le référendum interpelle tellement que même l’ONU reste prudente et a du mal à le reconnaitre.

Au sortir de ces 3 référendums une question se pose. Comment se fait-il qu’un peuple qui a été colonisé de force au point de se faire massacrer en 1878 doit pour accéder à l’indépendance qu’il connaissait avant l’arrivée des colonisateurs se soumettre à des référendums ?

Cette situation est ubuesque pour ne pas dire grotesque, cruel et couard. En effet, la France à tout à perdre si la Nouvelle-Calédonie devenait indépendante. Ce territoire est le deuxième producteur de nickel au monde. Qui plus est situé dans l’Océan pacifique, sur le plan géopolitique elle donne une visibilité à la France face à la Chine qui ne cache pas sa faim et son hégémonie sur l’ensemble de cette zone.

La France en perdant ce bout de territoire qui était habités par les Kanaks et indépendant avant se prise de possession en 1853, aurait donc tout à perdre.

Pour éviter une telle situation, on peut supposer, que stratégiquement, la France a mis dans les accords de Matignon 3 référendums en ayant bien à l’esprit que les Caldoches, descendants des colonisateurs français et les Réunionnais qui s’y étaient aussi installés entre temps voteraient contre l’indépendance. Ce qui fut le cas pour les trois dont le dernier est totalement pipé et n’a aucune légitimité pour les Kanaks qui n’y ont pas participé.

Ainsi on colonise il y 171 ans un peuple par la force et contre son gré et on lui impose in fine pour reconquérir sa liberté des référendums sous prétexte que les descendants des colonisateurs ont leur mot à dire. C’est prendre les colonisés, et ici en l’occurrence les Kanaks, vraiment pour des cons.

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