Réunion

Nouveau site pour signaler les espèces invasives

À La Réunion, la biodiversité est exceptionnelle. De vastes espaces de nature primaire sont préservés sur près de la moitié du territoire. Des espèces végétales et animales sont spécifiques de La Réunion ; elles ne se trouvent nulle part ailleurs au monde. Ce sont les espèces endémiques. Néanmoins, des espèces introduites, volontairement ou non, par les humains trouvent sur l’île des conditions propices pour se développer et peuvent devenir envahissantes : les espèces exotiques envahissantes ou invasives.

On dénombre à La Réunion plus de 2 000 espèces végétales introduites, dont 131 sont considérées comme envahissantes. Pour la faune, en dehors des insectes et des mollusques, La Réunion compte 70 espèces introduites, déjà présentes dans les milieux naturels et urbains. Parmi ces dernières, 14 sont considérées comme envahissantes.

Les espèces exotiques envahissantes représentent une forte menace pour les milieux naturels et les espèces indigènes qui y vivent. En s’accaparant une part trop importante des ressources disponibles ou en se nourrissant directement des espèces indigènes, les espèces invasives sont à l’origine de la disparition progressive d’une partie de la faune et de la flore et des milieux naturels dans le monde. Les espèces exotiques envahissantes peuvent également porter préjudice aux activités économiques (pertes agricoles et sylvicoles, conséquences sur le tourisme…) et représenter des risques sanitaires et apparition de maladies (comme le Rat et la leptospirose ou encore l’Agame des colons porteur de salmonelle…)

Signaler les espèces exotiques envahissantes ou invasives pour organiser la lutte

De nombreuses espèces animales et végétales ont été et sont encore parfois introduites volontairement ou involontairement chaque jour dans l’environnement réunionnais. Afin de mieux comprendre les invasions biologiques liées à des introductions d’espèces, une cartographie de la distribution de ces espèces doit d’abord être réalisée afin de mettre en place des actions les plus appropriées (surveillance, réglementation, gestion etc.).

Pour ce faire, le groupe espèces invasives Réunion (GEIR*) vient de mettre en ligne une toute nouvelle version de son site www.especesinvasives.re. Sur ce dernier, les Réunionnais sont invités à signaler les espèces invasives animales ou végétales qu’ils seraient amenés à croiser au cours de leurs balades, randonnées, dans leur jardin ou dans l’espace public. Accessible par smartphone, la partie signalement permet de partager une photo et une localisation, ainsi que toute information que vous jugez nécessaire. On peut trouver sur le site des fiches descriptives d’espèces exotiques envahissantes ou invasives présentes sur l’île mais aussi la liste des espèces interdites sur le territoire et les réglementations en vigueur.

Exemples d’espèces à signaler
Corbeau Familier
Espèce aux impacts multiples, la présence du corbeau peut nuire dramatiquement à la survie d’espèces d’oiseaux indigènes (prédation des œufs et des jeunes, dérangement, compétition), mais également de reptiles. Sa présence peut entraîner de graves dégâts et perturbations dans les élevages avicoles et les fermes aquacoles. Il peut harceler les chèvres qui délaissent leur petits, voire réouvrir des plaies d’un animal et entraîner des infections parfois mortelles pour le bétail. Ils impactent également certaines cultures dont les mangues, les papayes et les bananes. Son comportement agressif et grégaire peut nuire à l’activité humaine et en particulier au tourisme, par son comportement de voleur de nourriture en terrasse ou sur les marchés. Enfin, cet oiseau est porteur d’au moins 8 agents pathogènes, pouvant impacter la santé humaine. 
Seneçon faux tamier
Aussi connue sous le nom de Séneçon faux tamier, cette liane grimpante à croissance rapide colonise les forêts par voie végétative (réseau de lianes qui se ramifie au niveau du sol et qui peut parcourir plusieurs centaines de mètres) et en étant dispersée par le vent, en s’échappant des jardins des particuliers. Récemment détectée au Maïdo, on la retrouve aussi à la Plaine des Cafres ainsi que dans d’autres endroits de l’île, où elle menace les espèces d’arbres indigènes en les étouffant. Un plan de lutte est actuellement en cours de validation afin de limiter la propagation de cette espèce. 
Oponce raide
Originaire des régions tropicales et subtropicales d’Amérique centrale, elle est maintenant naturalisée et continue de se répandre en Europe, Afrique, Asie, Amérique du Sud et en Océanie. Elle pullule en Afrique du Sud et en Namibie où elle colonise les grands espaces inutilisés. Elle est également présente dans toute l’Australie où elle a colonisé jusqu’à 24 millions d’hectares en 1920. La présence d’O. stricta à la Réunion est restée hypothétique pendant un certain temps. Elle a été confirmée de façon officielle en 2021 en milieu naturel sur la côte ouest. Il est difficile de prendre une mesure réelle de sa répartition sur l’île car on la confond facilement avec les autres cactus raquette, présent dans de nombreux parcs et jardin. De plus, l’appellation populaire globale « figuiers de Barbarie ». Néanmoins, compte-tenu de ses capacités d’invasibilité, il est nécessaire de lui porter une attention particulière.

*Le GEIR (Groupe Espèces Invasives de La Réunion) est un groupe ouvert pour tous les partenaires engagés dans la gestion des espèces invasives à La Réunion, donc dans la mise en œuvre du plan opérationnel de lutte contre les invasives (POLI).

Les objectifs sont :

  • Faire circuler de manière privilégiée l’actualité et l’information technique disponible,
  • Organiser l’échange autour des retours d’expérience
  • Organiser selon le besoin des groupes de travail et de réflexion thématiques utiles à la mise en œuvre du POLI.

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