Réunion

La CRC épingle la ville de Saint-Louis

La chambre régionale des comptes de La Réunion publie le rapport d’observations définitives de la commune de Saint-Louis.

Malgré un taux important d’administration et une forte pression fiscale, la fragilité financière de la commune, résultante de choix de gestion qui ont favorisé une massification et une pérennisation des emplois d’exécution peu formés et encadrés, est venue limiter sa capacité à mener des projets d’ampleur. Le territoire saint-louisien, en proie à des difficultés économiques et sociales importantes, se révèle vulnérable et particulièrement fragmenté. La commune compte cinq quartiers prioritaires de la ville (QPV), soit 18 000 habitants, qui ont bénéficié, à proportions inégales, des dispositifs de la politique de la ville. (NPNRU) du quartier du Gol, la cité éducative, la cité de l’emploi ou les quartiers productifs.

Preuve de pragmatisme et d’un volontarisme affiché, le recours aux instruments de la politique de la ville, qui implique une coordination et une structuration de l’action administrative, se heurte aux limites d’une organisation communale qui, en 2024, est toujours en voie de construction.

Le programme de renouvellement urbain du Gol incarne ces constats. D’un montant de 58 M€, il mobilise des fonds pour une participation de la ville de 17 % et permet ainsi à la commune de dépasser ses contraintes budgétaires pour mener une politique publique multi-partenariale. Après une première phase d’études de conception dans le cadre du protocole de préfiguration de 2016 à 2018, la seconde phase de réalisation a connu un quasi‑arrêt de près de trois années préjudiciables à sa bonne finalisation. La priorité accordée à cette politique publique interroge tant au regard d’un montage financier risqué que de la lenteur des différents acteurs en matière de relogement et de la mise en œuvre de dispositifs concurrents.

La commune, maître d’ouvrage sur ces opérations, peine à suivre le rythme du programme, ralentie par une gouvernance discontinue, une organisation marquée par une rotation des agents et un manque de technicité en matière de commande publique. Pour respecter l’échéance du 30 juin 2026, date limite d’engagement des opérations, la commune tente, par une optimisation des procédures de marchés publics, de compenser les retards cumulés sans réelle mesure ni des risques juridiques, techniques et financiers encourus, ni de l’impact sur les petites et moyennes entreprises, privées de mise en concurrence par un pouvoir adjudicateur indépendant.

La collectivité a très récemment engagé un processus formalisé de réforme de son organisation et de mise en place de mécanismes de coordination et de contrôle interne qu’elle doit achever pour mener à bien ses ambitieux projets de renouvellement urbain dans des délais raisonnables.

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