Tribune

Transport en commun : la CIVIS et la SEMITTEL dans la tourmente

Lundi 09 décembre, pour la 2e fois consécutive, les affaires relatives à l’exploitation du réseau de transport en commun ont été retirées à la dernière minute de l’ordre du jour du conseil communautaire de la CIVIS. Cette affaire a commencé par une réclamation de l’URSSAF (charges sociales) d’un trop perçu au titre du versement mobilité. En d’autres termes : la CIVIS est dans l’obligation de rembourser, sur 3 ans, 5.6 millions d’euros qui lui ont été versés par erreur.

La CIVIS n’a pas trouvé d’autres solutions pour rembourser ce trop perçu que d’augmenter les impôts (hausse de 1.5 point de la taxe foncière intercommunale) que payent donc l’ensemble des contribuables de la CIVIS.

Par ailleurs, la CIVIS semble vouloir réduire la dépense de 5 millions d’euros pour le prochain marché du transport avec pour conséquence la baisse programmée, à partir de l’année 2025, de la qualité de service du transport en commun sur le territoire de l’intercommunalité. Alors que dès cette année 2024, les tarifs du réseau Alternéo, exploitant les bus sur le territoire de la CIVIS, ont déjà augmenté : 2.50 Euros le ticket de bus à l’unité. Comment concevoir une augmentation des tarifs avec une baisse de la qualité de service ?! Les 1ères victimes de cette mauvaise gestion sont donc les usagers des bus du réseau Alternéo (jeunes, étudiants, personnes à mobilité réduite, seniors, chômeurs, personnes à faibles revenus qui n’ont pas les moyens de s’acheter une voiture, habitants des écarts) qui seront doublement pénalisés par la diminution sensible de la fréquence des bus. Par exemple à L’Etang-Salé, il est prévu une baisse de 60 % de l’offre de transport. C’est une profonde injustice sociale et territoriale pour notre population et nos quartiers défavorisés.

De plus, les autres victimes de cette offre de transport qui va diminuer sont les salariés de la SEMITTEL (société qui est le principal opérateur du réseau Alternéo et dont l’actionnaire majoritaire est la CIVIS). Les syndicats ont dénoncé une casse sociale prévisible avec le risque d’un plan de licenciement massif du personnel.

Génération Ecologie exige des dirigeants de la CIVIS-SEMITTEL de la transparence sur l’utilisation de l’argent public destiné au transport en commun. Nous demandons aux élus de la CIVIS, en particulier aux maires, de prendre leurs responsabilités. Pour rétablir la confiance entre les élus et la population, il est impératif que les maires cessent d’être complaisants et qu’ils défendent réellement leurs administrés

Alors qu’un train est une urgence pour endiguer le coma circulatoire continu que connaît notre île, comment avoir des perspectives de mobilité durable, si la CIVIS n’est pas capable d’assurer le minimum en matière de transport en commun ? Génération Ecologie continuera la mobilisation aux côtés des personnels de la SEMITTEL, des usagers d’Alternéo et des contribuables de la CIVIS pour défendre un service public de transport en commun de qualité.

Vincent DEFAUD,

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