Une dangereuse haine du Mahorais s’installe à La Réunion et l’État ne fait rien
Depuis quelque temps, des phénomènes de violences se produisent sur le territoire réunionnais.
Sur les réseaux sociaux circulent des vidéos où des jeunes réunionnais se font agresser par d’autres jeunes qui seraient d’ethnie mahoraise.
D’autres encore font apparaître l’agression d’un homme de plus de 70 ans qui, selon son beau-frère, aurait été agressé par des Mahorais et qui, de ce fait, menace de se venger lui-même tout en incitant les « créoles » à faire de même.
Sur ce fond de violence, un groupuscule s’est formé et a même manifesté devant la préfecture, tenant des propos racistes aucunement condamnés, ni par la préfecture, ni par les politiciens locaux. Des propos qui considéraient les Mahorais comme des rats et qui les invitaient à quitter le département de La Réunion avec des cris de « Mahorais dehors ! ».
Si les phénomènes de violences ne sont pas à nier, est-ce seulement le fait des Mahorais à La Réunion ? Lorsqu’on parle d’eux comme des animaux, n’est-ce pas les considérer comme des sous-hommes ?
Certes, il ne fait aucun doute que depuis quelque temps, ce phénomène de violence prend de l’ampleur. Mais le fait de considérer les méfaits d’une minorité comme ceux d’une majorité montre avant tout l’aveuglement de certains Réunionnais pris dans l’engrenage de l’émotion.
Ce qui se passe est extrêmement dangereux pour la paix à La Réunion. Elle l’est d’autant plus que, si les revendications pour la sécurité sont légitimes, l’instrumentalisation par la focalisation de la haine à l’égard d’une ethnie, en l’occurrence les Mahorais, dont la majorité n’emmerde personne, constitue la pierre angulaire d’un futur ethnocide au sein d’un département dont la population s’est façonnée au travers du métissage.
À l’heure où l’État tolère qu’un groupuscule vienne manifester devant la préfecture pour tenir des propos d’un racisme débridé qui n’est pas une opinion mais un délit, tel que l’a formulé le Parlement le 1er juillet 1972, et ne saisit pas le procureur, cela témoigne à juste titre d’une complicité des autorités face à ce phénomène qui prend de l’ampleur contre les Mahorais.
Faut-il rappeler que ces mêmes faits sont à l’origine de l’extermination des Juifs entre 1939 et 1945, et ce avec la complicité de l’État ?
Il faudrait que l’État s’en soucie. S’il est vrai qu’il faut prendre des mesures correctives à l’égard de la délinquance, il ne faut pas non plus entrer dans le jeu de certains qui se focalisent uniquement sur une communauté. S’il est vrai que certains d’entre eux se trouvent, en tout cas à en juger par les vidéos qui circulent sur les réseaux sociaux, mêlés à des faits divers, tous ne sont pas concernés.
Quand un Réunionnais, un créole, commet un crime dans l’Hexagone, faut-il penser que tous les Réunionnais sont des délinquants ? Quand un « Zoreil » commet un crime à La Réunion, faut-il penser que tous les Zoreils sont des délinquants ? Quand un musulman réunionnais est condamné pour association de terrorisme, faut-il considérer que tous les musulmans réunionnais sont des terroristes, des délinquants ? Quand un Chinois est condamné dans une affaire, faut-il considérer que tous les Chinois sont des magouilleurs, des délinquants ? Quand un Malabar commet une forfaiture, faut-il considérer que tous les Malabars sont des malfaisants, des délinquants ?
Il faut arrêter les conneries et laisser l’État de droit faire son travail. Cette haine dont subissent de plein fouet les Mahorais ne saurait être justifiée par certains éléments issus de leur communauté. Et si les Réunionnais n’étaient pas racistes, peut-être aussi que les Mahorais n’auraient pas ce comportement tout autant agressif.
