Kazentol rend hommage à Maillot Romain
Le monde du maloya est en deuil. Romain Maillot, chanteur et membre du groupe Kazentol composé de Mathieu Parvédy, Firaguay Gaël (Filou), Clément Payet, Brice Dalama, Michel alias Michou, Frédéric Minicha, Emric Mayen, s’est éteint brutalement le 26 février à l’âge de 27 ans, victime d’une mauvaise chute. Ce talent précoce, dont la voix résonnait dans les kabars et les ronds de maloya aux quatre coins de l’île, laisse un vide immense dans le cœur de ses proches et des passionnés de cette musique traditionnelle.
Pour lui rendre hommage, une veillée était organisée ce lundi 3 mars 2025 à partir de 21 heures, au 9, rue Claude Millon, dans la SIDR des 400 au Tampon. Famille, amis et admirateurs se sont rassemblés en nombre pour un dernier adieu à cet artiste parti trop tôt.
Bercé par le maloya dès son plus jeune âge, Romain Maillot a grandi au son des rouler et kayamb, porté par sa mère qui dansait avec Gand Moun Lélé et participait activement aux kabars. Cet amour du maloya s’est rapidement transformé en vocation. Déterminé et passionné, cet enfant du maloya s’est forgé à juste titre une identité musicale unique, reconnaissable entre mille. En sandales « savate deux doigts », sa voix profonde et vibrante portait l’âme de ce blues réunionnais, qu’il savait faire vivre avec intensité.
Son charisme et sa simplicité l’avaient imposé comme une figure montante du maloya contemporain. Que ce soit dans les bus sillonnant l’île ou lors des tournées de Kazentol, il laissait derrière lui des instants de partage inoubliables. Depuis sa disparition, les membres du groupe lui rendent hommage sur les réseaux sociaux, partageant des vidéos et souvenirs de leurs pérégrinations musicales.
Ce soir-là, la tristesse était palpable. Devant plusieurs centaines de personnes réunies, le cercueil de Romain Maillot a été accueilli sous les applaudissements et au son des roulers, des kayambs et des pikérs. Un adieu rythmé par ces instruments ancestraux, fidèles témoins de son héritage musical.
Malgré l’émotion, ses proches et les membres de Kazentol ont tenu à honorer sa mémoire de la plus belle manière : en musique. Sa mère, ses amis et ses compagnons de scène ont organisé un kabar vibrant d’énergie et de ferveur. Ce moment de communion, au-delà du chagrin, était une célébration de sa passion inébranlable pour le maloya.
Plusieurs artistes de la scène réunionnaise ont pris la parole et donné de la voix, rappelant à quel point Romain Maillot était une source d’inspiration pour la jeune génération. Son départ laisse une empreinte indélébile dans le cœur de ceux qui l’ont connu, mais son énergie, son talent et son amour du maloya continueront de résonner.
Le kabar, au fil des heures, s’est transformé en une véritable célébration. Car si Romain Maillot s’en est allé trop tôt, sa musique, elle, ne s’éteindra jamais.
