Non, la justice n’écarte pas le RN de la présidentielle de 2027
Ces derniers jours, le Rassemblement National (RN) agite l’opinion publique autour d’une supposée « chasse aux sorcières » visant Marine Le Pen. Selon ses soutiens, l’objectif serait clair : empêcher le parti d’extrême droite d’être présent à l’élection présidentielle de 2027.
Mais cette lecture occulte une réalité juridique fondamentale : si Marine Le Pen est condamnée, le RN, en tant que parti, ne l’est pas.
La députée du Pas-de-Calais a en effet été condamnée en première instance à cinq ans d’inéligibilité avec effet immédiat, quatre ans de prison dont deux ferme, et 100 000 euros d’amende, dans le cadre de l’affaire des assistants parlementaires européens. Une décision lourde de conséquences pour la figure emblématique du parti, mais qui ne vise pas l’organisation politique dans son ensemble.
Le RN, ce n’est pas uniquement Marine Le Pen. Jordan Bardella, président du mouvement, reste à ce jour ni mis en cause ni condamné. Il incarne d’ailleurs une relève politique assumée, capable de porter les couleurs du parti en 2027 si la condamnation de Marine Le Pen venait à être confirmée en appel.
Et c’est bien là que se joue une autre partie. Le choix du calendrier judiciaire, avec un appel prévu à l’été 2026, soulève des interrogations. Certains y voient la main du ministre de la Justice, une temporalité propice aux calculs politiques. Mais en l’état, aucune preuve ne permet d’affirmer une manipulation délibérée en faveur ou en défaveur du RN.
Parler de « dictature des juges », de « juges rouges » ou de partialité judiciaire relève donc plus de la stratégie de victimisation que d’un constat objectif. La justice n’a pas condamné un parti, mais des individus, dont certains sont membres du RN. Rien, à ce jour, n’empêche le RN de présenter un candidat à la présidentielle.
Que Marine Le Pen soit écartée du jeu électoral en 2027 ne signifie pas l’exclusion du RN. D’autres figures, comme Bardella, sont prêtes à prendre le relais, même si cela demeure un sujet sensible en interne.
En somme, le RN n’est pas empêché de concourir en 2027. La justice ne fait que son travail : juger des faits et des responsabilités individuelles. Rien de plus. Rien de moins.
