Politique

La face cachée de Saint-Pierre à l’aune des élections municipales de 2026

Ville balnéaire du Sud qui voit chaque week-end défiler sur son territoire des milliers de personnes, Saint-Pierre offre une image idyllique de ce que devrait être une ville moderne, pleine d’entrain et d’animations.

Toutefois, derrière ce décor semble se cacher, si ce n’est la misère, du moins une gestion des plus calamiteuses si l’on se réfère, à l’aune des élections municipales de 2026, aux discours des candidats potentiels à la magistrature de la ville, notamment Ruth Dijoux, fondatrice du parti Ekilibre.

Et le départ de l’ancien maire Michel Fontaine, décédé le 27 mars 2025 à Madagascar et remplacé par David Lorion, n’y changera rien pour Ruth Dijoux, qui fait savoir « qu’il ne faut pas croire qu’avec le départ de Michel Fontaine, la situation politique a changé à Saint-Pierre ». « Ce serait », selon elle, « se bercer d’illusions ». Pour faire valoir ses propos, elle en vient à citer l’actuel maire de Saint-Pierre, qui aurait précisé que « la majorité actuelle travaille à poursuivre l’œuvre de Michel Fontaine ».

Si le vent des alizés et le bruit des vagues accompagnent les visiteurs dans cette ville qui fait envie aux autres communes, apparemment la politique voulue par la majorité ne serait pas celle attendue par les Saint-Pierrois.

Pour Ruth Dijoux, la majorité a abandonné le terrain, tant et si bien qu’elle n’est plus au fait des revendications de la base, à savoir : une démocratie participative, une transparence des dépenses publiques, de l’ordre et de la sécurité, un service public de proximité… et la liste reste longue.

La leader politique saint-pierroise n’en démord pas, elle qui n’a de cesse d’arpenter la commune de long en large et qui tente tant bien que mal de venir en aide à ceux qui la sollicitent. En 2026, fait-elle savoir, il n’est plus envisageable « de proposer un projet descendant, complètement démagogique, irréalisable, pensé à la dernière minute entre quelques têtes de partis, sans tenir compte des attentes de la population et porté par une tête de liste parachutée pour servir des intérêts de pouvoir ».

Son engagement auprès de la population saint-pierroise et cette victoire, si petite soit-elle, obtenue dans le cadre d’un recours gracieux contre les factures illégales de cantine ayant poussé la majorité à mettre la cantine à 1 €, témoignent à juste titre des revendications des Saint-Pierrois, pressurés de toute part et qui semblent être oubliés, alors même que la municipalité est capable de dépenser 15 millions d’euros pour une passerelle piétonne au-dessus d’une quatre voies, sans que celle-ci ne daigne réparer les ampoules ou les vitres des écoles, voire refaire la peinture de ces lieux d’instruction et d’éducation.

Selon cette docteure en droit qui ne paie pas de mine, la politique actuelle de Saint-Pierre est tellement déconnectée de la réalité que les dirigeants ne semblent pas voir plus loin que le bout de leur nez, en ce que l’aménagement du territoire ne tient aucunement compte des changements climatiques et que le cœur de ville, jadis commerçant, se désertifie au profit de grands groupes qui s’installent au pourtour de la ville. Il faut dire que « Saint-Pierre est la seule ville du département où le parking est payant même le samedi après-midi ».

Dans la diatribe de cette Saint-Pierroise, mère de deux enfants, entrée en politique à l’âge de 20 ans en tant qu’adjointe à la culture sous Jean-Claude Fruteau, tout y passe donc. Les quartiers sont à l’abandon, au point que certains riverains doivent nettoyer eux-mêmes certains espaces. Le tourisme, qui ne saurait se faire dans un cadre respectueux de l’environnement, la malbouffe qui pullule sur le territoire, le logement qui fait défaut et, cerise sur le gâteau, « le responsable habitat [de la ville] est en arrêt maladie depuis deux ans ».

Vu sous cet angle, Saint-Pierre ne serait qu’une vitrine où le faste des soirées occulterait une face cachée que ne devinerait pas celui qui n’y vit pas.

2026 nous dira ce qu’il en est de cette réalité.

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