Réunion

La Réunion : L’Église catholique ne mélange pas les torchons et les serviettes

La Réunion – Le Tampon : À La Réunion, les croyants sont majoritairement catholiques, bien que l’Église commence à voir ses ouailles la quitter pour le protestantisme ou revenir à leur religion ethnique. Toujours est-il que si cette religion prône l’amour du prochain et s’appuie sur la doctrine et l’enseignement de Jésus de Nazareth, qui lui n’hésitait pas à se frotter aux plus simples des gens qui l’entouraient, il apparaît qu’à La Réunion, les torchons et les serviettes ne se mélangent pas.

Pour illustrer ce fait, en début d’année, nous nous trouvons à l’église du 14ème km. À cette occasion, l’évêque de La Réunion doit venir officier dans le diocèse pour baptiser l’enfant d’une de ses cousines. Les responsables de l’église demandent alors aux autres parents s’ils ne souhaitent pas, eux aussi, faire d’une pierre deux coups et profiter de ce moment pour baptiser leur enfant en même temps.

Certains parents y répondent favorablement. Le jour du baptême arrive. Les parents sont joyeux de porter sur les fonts baptismaux leur progéniture, d’autant plus que le chef de l’Église catholique apostolique et romaine a fait le déplacement expressément à cet effet.

Alors qu’ils prennent place dans l’église, on leur dit de ne pas s’asseoir sur les bancs du premier rang, car ceux-ci sont réservés aux proches de l’évêque.

La messe commence, et d’aucuns s’aperçoivent que ces bancs où on leur a interdit de s’asseoir restent désespérément vides.

À la fin de la messe, les enfants sont baptisés à la hâte et on leur demande de procéder rapidement aux éventuelles photos qu’ils souhaitent prendre avec l’évêque. Puis on les presse de partir car, leur dit-on, l’évêque va procéder au baptême de l’enfant de sa cousine.

Bien qu’ils s’exécutent avec humilité, les exigences prônées lors de cet événement sacré aux yeux de ces catholiques deviennent alors une profonde blessure. Ce qui devait être un moment de communion et de partage sans distinction d’ethnie et de caste vient marquer au fer rouge une disparité, pour ne pas dire un gouffre profond, entre les croyants, selon qu’ils soient puissants ou misérables, comme dirait La Fontaine.

Tant et si bien que certains, en ce dimanche 22 juin 2025, alors même qu’avait lieu une communion dans la même église, amers et dégoûtés, se sont refusés à y mettre à nouveau les pieds. Pour exprimer leur dégoût, ils disent encore aujourd’hui à propos de cette mésaventure au sein même d’une institution qui prône avant tout le respect des plus faibles que : « C’est vrai, même au sein de l’Église catholique, apostolique et romaine, on ne mélange pas les torchons et les serviettes. »

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