Réunion

Le Tampon : une famille toujours en souffrance après Garance et abandonnée par la commune

Le Tampon, La Plaine des Cafres – Le vendredi 28 février 2025, Garance frappait de plein fouet le département de La Réunion. Avec des vents dépassant les 200 km/h et un cumul de pluie de plus de 400 mm à l’intérieur des terres, le préfet de La Réunion a déclenché l’alerte violette à 9h. Cette alerte signifiait que la population était strictement confinée et qu’il était même interdit aux forces de sécurité de sortir pour porter assistance, le danger étant extrême.

Pourtant, c’est dans ces conditions qu’une famille de La Plaine des Cafres a vu son toit se soulever sous la pression atmosphérique et les bourrasques de vent. Le père et la mère ont réalisé qu’il fallait quitter leur maison de toute urgence pour mettre leurs enfants – deux garçons, dont un mineur, et une fille – à l’abri dans les refuges mis en place par les autorités.

Ce n’est donc pas sans mal que, dans un dédale de branches et sous une pluie torrentielle, ils ont pris leur voiture pour se rendre tant bien que mal aux abris sécurisés les plus proches. Une situation dans laquelle ils ont échappé de peu à la mort.

Une fois les alertes levées, la famille est retournée à son domicile. Si le toit ne s’était pas complètement envolé, la maison était, elle, entièrement inondée. Le toit, bien qu’ayant en partie résisté, s’était décroché de ses soudures et avait fragilisé les pignons.

Les dégâts étaient considérables et la maison inhabitable. Devant l’ampleur du sinistre, ils ont contacté la mairie dans l’espoir d’obtenir de l’aide, ne serait-ce qu’une bâche ou quelques fournitures. Les agents qui se sont rendus sur place, au lieu de compatir, ont dit à la famille : « Mais vous n’avez pas à vous plaindre, vous avez une belle maison. »

Des propos malvenus en cette période de crise qui ont obligé l’un des enfants à rétorquer : « Si vous pensez, Madame, que nous avons une belle maison, je vous invite à y dormir pour voir l’effet que ça fait d’habiter dans une maison saccagée. » Cette réponse n’a pas plu à l’agente communale, qui a demandé au père de famille de calmer son fils.

La famille a alors compris qu’elle ne pouvait compter sur la commune du Tampon et qu’elle devrait, malgré ses maigres revenus, attendre que l’assurance fasse son diagnostic.

Après que l’État a classé La Réunion en état de catastrophe naturelle, l’assurance a dépêché un expert pour faire l’état des lieux. Un état des lieux bâclé qui n’a considéré que la toiture, sans se pencher sur ses fixations. En effet, sous la force du vent, les pignons ont été détruits et les fers d’arrachement sont instables, ce qui laisse supposer que non seulement le toit doit être refait entièrement, mais que toute la structure qui le maintient doit être reconstruite. C’est peu dire que l’indemnisation de l’assurance est insuffisante pour sécuriser la maison.

Malgré son appel à la commune, la famille se trouve aujourd’hui démunie face à une situation qui lui échappe. Le père et la mère étant d’un certain âge, leur fille s’inquiète de ne pouvoir les aider. Amère, elle ne demande pas la charité, mais aurait juste apprécié que ses parents ne soient pas laissés pour compte dans une situation aussi dramatique qui affecte leur santé. « Même une bâche », nous dit-elle sous couvert de l’anonymat craignant pour ses parents, « la commune n’a pas voulu nous en donner. »

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