Réunion

La Réunion : une vie prétendument chère où personne ne crève de faim

Le leitmotiv revient constamment sur les lèvres de certains politiciens locaux : la vie est chère à La Réunion. Certes, avec des prix 53 % plus élevés que ceux de l’Hexagone, on ne peut nier l’évidence de leurs propos. Cette cherté explique pourquoi le salaire des fonctionnaires est indexé sur cette majoration de prix, bien que ce dispositif soit aujourd’hui obsolète selon la Cour des Comptes.

Face à cette supposée vie chère, on est surpris de constater qu’à La Réunion, une grande majorité n’éprouve pas de grandes difficultés. Certains s’offrent le dernier iPhone à près de 1 500 €, d’autres achètent la dernière marque de vêtement à la mode. On voit aussi des personnes acquérir dans des discothèques des boissons à 100 € la bouteille, alors que celle-ci ne coûterait que 31,15 € dans les grandes surfaces. D’autres encore se paient de façon répétée des repas à plus de 15 € dans des fast-foods, font des crédits à la consommation à tire-larigot, achètent de la drogue à des prix exorbitants, s’offrent des voyages à Maurice ou Madagascar, organisent des mariages dépassant les 50 000 €, ou encore s’offrent des nuits dans des hôtels étoilés. La liste continue avec des pèlerinages en Europe ou ailleurs, des abonnements à des plateformes de streaming ou de chaînes de télévision, et bien d’autres dépenses de luxe qui ne disent pas leur nom.

La surconsommation à La Réunion interpelle. Si la vie est aussi chère qu’on le prétend, comment se fait-il qu’ici, on puisse se permettre d’acheter ce que certains en Hexagone ne sauraient acquérir ? D’aucuns diraient que tous ne peuvent pas se permettre ces excès, surtout ceux qui bénéficient des minima sociaux. Pourtant, ce sont souvent ces derniers qui s’adonnent à autant de dépenses superflues. Quant à ceux qui en ont les moyens, ils ne sont pas en reste.

En période électorale, certains mettent donc en avant cette cherté. Mais le constat est plus ambigu dans une société où, pour beaucoup, le plaisir est passé avant le travail, et où la surconsommation est devenue un symbole de richesse. Une réalité sur laquelle ne manquent pas de surfer les enseignes réunionnaises pour s’en mettre plein les poches.

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