Réunion

Mobilisation contre la « loi Duplomb » : un danger pour la santé et la biodiversité

Saint-Louis, La Réunion – Alors que la proposition de loi « Duplomb » sera examinée en dernière lecture à l’Assemblée nationale ce mardi 8 juillet, la mobilisation s’intensifie. Ce samedi 5 juillet, des militants de Génération Écologie, des Insoumis (dont le député de la 7e circonscription, Perceval Gaillard), des militants APR de Saint-Louis avec Claude Hoarau, et du PLR des Avirons mené par Marie-Claude Zettor, ont mené une action collective à Bel-Air, Saint-Louis. Ils ont distribué le tract « ALERTE ! Pour la santé et le Vivant » afin de sensibiliser la population à ce texte jugé dangereux.

Un retour en arrière sanitaire et environnemental

La proposition de loi, portée par le sénateur Laurent Duplomb, vise à réintroduire deux néonicotinoïdes, l’acétamipride et le flupyradifurone. Ces substances avaient été interdites en 2018 en raison de leur toxicité avérée pour les abeilles, les insectes pollinisateurs, la faune aquatique et la biodiversité. Ces molécules ont la particularité de persister dans les sols, entraînant une contamination durable des écosystèmes.

Des risques majeurs pour la santé humaine ignorés

Cette initiative est en contradiction flagrante avec les alertes scientifiques. L’ANSES elle-même propose de classer l’acétamipride comme cancérogène suspecté pour l’Homme (catégorie 2). De nombreuses études internationales ont établi des risques majeurs pour la santé humaine, notamment des perturbations neurodéveloppementales chez le fœtus, des cancers et des maladies rénales. Ignorer ces données, c’est mettre en péril la santé publique.

Une décision sous l’influence des lobbies agrochimiques

Pour les opposants à cette loi, il ne fait aucun doute que cette décision est fortement influencée par les lobbies agrochimiques. Laurent Duplomb, exploitant agricole et ancien président d’institutions alignées sur le productivisme (FNSEA, Sodiaal), est perçu comme le porte-parole des revendications d’un modèle agricole dépendant des intrants chimiques. Sa proposition de loi reprend d’ailleurs mot pour mot les arguments des industriels des pesticides, minimisant les risques, promettant une compétitivité illusoire et employant une stratégie de doute scientifique.

Une attaque frontale contre la transition écologique

La France s’est pourtant engagée, à travers la Stratégie nationale biodiversité et les objectifs européens du Green Deal, à réduire l’usage des pesticides et à protéger les pollinisateurs essentiels à notre agriculture. La « loi Duplomb » piétine ces engagements, affaiblit la transition agroécologique, et saborde les efforts des agriculteurs qui travaillent déjà sans néonicotinoïdes.

Le bien commun sacrifié au profit d’intérêts privés

Cette initiative est perçue comme un mépris du bien commun au profit d’intérêts privés. Elle démontre que certains élus sont prêts à sacrifier la santé des Français, la biodiversité et la cohérence des politiques publiques pour satisfaire un modèle économique dépassé, incapable de répondre aux enjeux climatiques, environnementaux et sanitaires du XXIe siècle.

Appel à la mobilisation citoyenne

Les organisateurs de la mobilisation appellent l’ensemble des citoyens, les organisations agricoles responsables, les associations environnementales et les élus attachés à l’intérêt général à s’opposer fermement à cette loi régressive. Ils insistent sur la nécessité de soutenir une agriculture durable, résiliente et protectrice de la santé et de la biodiversité. Le message est clair : la santé et la nature valent plus que les profits.

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