Destructions de maisons à La Colline : Éricka Bareigts, maire de Saint-Denis agit pour la sécurité des familles
Saint-Denis de La Réunion – Face au danger imminent d’effondrement de plusieurs habitations sur la zone de La Colline, fragilisées par le passage du cyclone Garance, la mairie de Saint-Denis a annoncé aujourd’hui l’évacuation et la démolition de ces structures. Une décision qualifiée de « lourde » mais « nécessaire » par la maire, qui insiste sur sa mission première : la protection des habitants.
Depuis le passage du cyclone Garance, les maisons de La Colline, construites sur une zone à risque, ont subi d’importants dégâts, mettant en péril la vie de leurs occupants. Malgré les rapports alarmants du BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières) et de la DEAL (Direction de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement), deux des trois familles concernées par l’opération d’aujourd’hui résidaient encore dans ces habitations. La maire a exprimé sa compréhension et son respect face à l’attachement de ces familles à leurs « racines », mais a souligné l’impérieuse nécessité d’agir face à un « risque de mort ».
Un accompagnement incessant et des solutions concrètes
La mairie de Saint-Denis affirme avoir déployé des efforts considérables pour accompagner les familles concernées. « Depuis le cyclone, nous n’avons cessé d’être présents sur le terrain », a déclaré le maire. En collaboration avec les services de la Ville, l’État et diverses associations, un soutien multiforme a été apporté : nettoyage des maisons, mise en place d’une cellule psychologique, distribution de produits de première nécessité (eau, vêtements, nourriture).
Des solutions de relogement concrètes ont été proposées, malgré les délais d’attente moyens de 3 à 5 ans pour un logement social. Les bailleurs sociaux ont été mobilisés pour offrir en urgence au moins trois propositions par famille, adaptées aux situations individuelles (proximité familiale, accompagnement de parents âgés, taille des logements, rez-de-jardin, etc.). À ce jour, 11 relogements ont déjà eu lieu sur l’ensemble de La Colline.
Une procédure étape par étape
Sur les trois familles spécifiquement visées par la mise en sécurité d’aujourd’hui : une famille a déjà signé un protocole d’accord de quitter les lieux et de démolition, et a déménagé. Une autre famille a signifié par écrit son accord de quitter son logement et est en discussion avec les services municipaux. Cependant, une famille refuse encore de partir, malgré « tout cet accompagnement ». La maire a reconnu la difficulté de quitter son « chez soi », mais a insisté sur la réalité du danger : « ce ‘chez soi’ dans ce cas peut devenir une tombe. »
Ces dernières semaines, la procédure s’est accélérée. Des courriers confirmant une « phase contradictoire » ont été remis il y a près de trois semaines, suivis des « arrêtés de péril » vendredi dernier. La mairie a également bloqué et meublé trois appartements pour les tenir à la disposition des familles.
Indemnisation et engagement continu
Parallèlement, des estimations ont été réalisées pour permettre aux familles de bénéficier du Fonds Letchimy. Ce fonds vise à indemniser les occupants de maisons sans titre exposées à un risque naturel prévisible menaçant gravement les vies humaines. La cotation la plus favorable a été appliquée, en calculant la superficie des maisons au plus près, sans tenir compte des déclarations fiscales.
Aujourd’hui marque la fin de la phase d’accompagnement à l’amiable. L’évacuation et la démolition pour « mise en sécurité » sont désormais inévitables. La maire a précisé que cette action n’est « pas contre les familles, mais pour elles ». Le bâtiment communal abritant le foyer de La Colline sera également démoli pour des raisons de sécurité.
La maire a conclu en réaffirmant l’engagement de la Ville : « La porte reste ouverte. Les clés des logements sont là. Les agents de la Ville, les travailleurs sociaux, les agents de l’État sont là pour vous accompagner. Vous n’êtes pas seuls. » Elle a souligné que sa décision, bien que difficile, est prise pour prévenir une tragédie : « Je suis maire pour protéger, pas pour céder à la peur ou à l’habitude. Et si je prends des décisions difficiles aujourd’hui, c’est parce que je ne veux pas avoir à dire demain : ‘On savait. On aurait pu éviter.' »
La mairie de Saint-Denis a assuré qu’elle continuera d’accompagner chaque famille « jusqu’au bout ».
