Réunion

Septicémie à streptocoque A à la Réunion : une patiente en réanimation, enquête en cours à la clinique Durieux et au CHOR

Saint-Denis, La Réunion – Le 30 juillet 2025 – L’Agence Régionale de Santé (ARS) de La Réunion a communiqué aujourd’hui sur la situation préoccupante d’une patiente, actuellement en réanimation au CHOR pour un état de santé évoquant une septicémie à streptocoque A. Cette information fait suite à des révélations dans la presse concernant la patiente, initialement hospitalisée à la Clinique Durieux le 24 juin 2025 pour une chirurgie ambulatoire.

La patiente a été admise au CHOR en réanimation dès le 28 juin. Des prélèvements sanguins ont confirmé la présence de streptocoques du groupe A. L’ARS exprime sa solidarité avec la patiente et sa famille, et a engagé des investigations approfondies pour éclaircir les circonstances de cette infection.

Le streptocoque A : entre infections bénignes et formes graves

Le streptocoque du groupe A est une bactérie généralement responsable d’infections courantes telles que l’angine, la pharyngite ou la scarlatine. Cependant, l’ARS rappelle qu’il peut, plus rarement, provoquer des infections invasives graves. Ces formes sévères peuvent se manifester par de la fièvre et un essoufflement (pneumonie), des douleurs intenses et des rougeurs cutanées (infection nécrosante), ou encore des frissons, des douleurs musculaires, des nausées et des vomissements.

La transmission du streptocoque A s’effectue principalement par contact rapproché avec une personne infectée ou asymptomatique, via des gouttelettes respiratoires, un contact direct avec une plaie, ou plus rarement par contact indirect avec des objets contaminés. En cas de symptômes évocateurs ou de contact avec une personne infectée, une consultation médicale rapide est recommandée.

Contexte d’alerte et premières investigations

Cette nouvelle survient dans un contexte déjà tendu. Le 3 juillet, suite au décès d’une fillette de 5 ans dû à une infection invasive à streptocoque A, l’ARS avait déjà alerté la communauté médicale et les établissements de santé sur la nécessité de signaler sans délai toute infection à streptocoque A et de mettre en œuvre des mesures de prévention, notamment une antibioprophylaxie pour les contacts rapprochés.

C’est à cette occasion que le cas de la patiente actuellement en réanimation avait été initialement signalé à l’ARS, sans que son parcours de soins à la Clinique Durieux ne soit alors connu. L’ARS avait alors considéré, en l’absence de lien avec le décès de la fillette, que la prise en charge de la patiente suivait son cours.

C’est ce lundi 28 juillet que l’ARS a reçu l’information de l’hospitalisation en réanimation de la patiente au CHOR après son intervention à la Clinique Durieux. Ce n’est qu’aujourd’hui que la Clinique Durieux a déclaré un événement indésirable lié aux soins concernant cette patiente, formalisant ainsi sa prise en charge en réanimation le 28 juin et la détection de l’infection à streptocoque A.

Enquêtes approfondies en cours, prudence de rigueur

À ce stade, l’ARS souligne qu’il n’est pas possible d’établir un lien certain entre l’intervention chirurgicale à la Clinique Durieux et l’infection à streptocoque A de la patiente, l’infection ayant pu être contractée avant ou après l’opération. De même, le lien entre la dégradation de l’état de santé de la patiente et l’intervention chirurgicale reste à investiguer.

La Clinique Durieux a procédé à des prélèvements nasopharyngés sur les professionnels de santé ayant pris en charge la patiente, qui se sont révélés négatifs. L’établissement a également rappelé à ses équipes les consignes de prévention (port du masque, désinfection des mains).

L’ARS a officiellement saisi le Centre d’Appui pour la Prévention des Infections Associées aux Soins (CPAS), une structure experte du CHU de La Réunion. Le CPAS est chargé de mener des investigations complémentaires auprès de la Clinique Durieux et du CHOR afin de déterminer l’origine de l’infection et son lien avec l’état de santé critique de la patiente.

L’ARS appelle à la prudence quant aux conclusions hâtives et insiste sur la nécessité d’attendre l’aboutissement des investigations médicales spécialisées pour comprendre pleinement cette situation complexe.

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