Réunion

L’apiculture plastique : une fausse bonne idée et un danger pour la santé

Depuis quelque temps, des kits d’apiculture en plastique font leur apparition sur le marché réunionnais. Pour les magasins spécialisés, c’est un moyen d’attirer de nouveaux clients et d’inciter les amateurs à se lancer dans l’apiculture.

Ces kits, qui se basent souvent sur le modèle de ruche Langstroth, remplacent le bois traditionnel par du plastique. Ce procédé semble être une révolution sur le marché, tant à La Réunion qu’en Europe. Le comble est atteint avec les cadres en plastique, où les abeilles n’auraient plus qu’à déposer le miel dans des alvéoles préfabriquées.

Une révolution mercantile qui n’a pourtant rien de révolutionnaire, et où même certains professionnels se ruent, sans se soucier ni de la santé des abeilles, ni de la santé humaine. En effet, la conception de ces ruches en plastique implique l’intervention de l’industrie pétrochimique.

Les sites de vente mettent en avant la facilité d’entretien de ces ruches. C’est oublier certains paramètres, notamment à La Réunion où le soleil est omniprésent, et où la loque américaine est apparue ces dernières années.

Un danger chimique et une menace pour la santé

Il ne faut pas oublier que les ruches en plastique sont issues du polyéthylène, quoi qu’en disent les sites marchands qui en vantent les mérites. Cette matière, qui ne présente pas de toxicité à température ambiante, devient hautement inflammable et dangereuse en cas de fortes chaleurs. Pire encore, des températures élevées peuvent libérer des composés organiques volatils (COV), qui sont nocifs s’ils sont inhalés.

Ces informations devraient alerter quiconque souhaiterait se lancer dans l’apiculture, qu’il soit amateur ou professionnel.

De plus, des microplastiques provenant du polyéthylène peuvent migrer dans les aliments. Le miel, un aliment, n’est pas épargné par ce phénomène, avec les risques que cela suppose pour la santé humaine.

Une extraction du miel plus risquée

Comme nous le soulignions, en plus des ruches, des cadres en plastique inondent le marché, soi-disant pour faire gagner du temps aux abeilles et à l’apiculteur. C’est une tromperie, car l’extraction du miel demande de désoperculer les alvéoles, c’est-à-dire de couper la fine couche de cire qui les recouvre.

Cette opération se fait à l’aide d’un couteau à désoperculer ou d’un processus mécanique. Si le cadre est en bois et la cire faite par les abeilles, il n’y a aucun risque. En revanche, si le cadre est en plastique avec des amorces très prononcées de la même matière, il y a de fortes chances que le couteau racle aussi du plastique. Cela expose les consommateurs à une pollution aux microparticules.

Des arguments marketing mensongers

Si certains vantent les mérites de la ruche en plastique en mettant l’accent sur la facilité d’entretien et la légèreté, ils oublient de préciser qu’il est parfois nécessaire de chalumer l’intérieur de la ruche pour détruire les parasites. Une opération impossible avec une ruche en plastique, car la chaleur brûlerait la matière et dégagerait des fumées nocives.

Quant à l’argument selon lequel la fausse teigne ne s’incruste pas dans les ruches en plastique, il est totalement faux. On sait depuis 2017 que, grâce aux propriétés de ses protéines digestives, la larve de la fausse teigne peut dégrader le polyéthylène.

Il est donc faux de croire que la ruche en plastique est la panacée en apiculture. Loin d’être l’alternative miracle qu’on voudrait nous faire croire, elle est un non-sens et un danger pour l’apiculture et la santé humaine.

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