La dette publique ne disparaîtra pas avec la chute de Bayrou, ni avec la dissolution de l’Assemblée, ni avec la démission de Macron
Après que François Bayrou, ministre très impopulaire, eut souhaité avoir la confiance de l’Assemblée nationale le 8 septembre, d’aucuns parlent de sa chute inévitable et d’un éventuel remaniement, que ce soit à l’Assemblée par une nouvelle dissolution ou par la démission du président de la République, Emmanuel Macron.
Des scénarios qui ne masquent pas la fébrilité politique actuelle de la France, mais qui font oublier qu’aucun d’eux ne saurait effacer la dette publique de 3 300 milliards d’euros.
En effet, cette dette, qui résulte avant tout, depuis plus de quarante ans, des politiciens de tout bord qui ont fait de la politique leur métier – certains n’ont jamais rien fait en dehors de ceci – avec les privilèges qu’ils se sont accordés tout au long de ces décennies, ne doit pas être occultée. Les indemnités des députés et sénateurs dépassent les 5 000 € par mois sans compter les frais adjacents, soit plus de 3 millions d’euros par mois pour les 577 députés de l’Assemblée nationale et plus d’un million pour les 348 sénateurs. De plus, les anciens présidents et ministres bénéficient d’avantages alors qu’ils n’exercent plus.
Lorsque François Bayrou accuse les Français d’être à l’origine de cette dette colossale, c’est oublier que lui-même, au travers de ses divers mandats, y a contribué, ce qui ne fait pas de lui l’unique responsable. Puisque l’ensemble des parlementaires réunis représente toujours au bas mot, sans prendre en considération les autres indemnités adjacentes, pas moins de 62 043 524,04 par an.
À cela s’ajoutent, via des lobbys, des cadeaux fiscaux faits aux grandes fortunes, avec la suppression de l’impôt sur les grandes fortunes, remplacé par l’impôt sur la fortune immobilière, et les cadeaux aux grandes entreprises, avec des aides qui s’élèvent en 2023 à 211 milliards d’euros.
Des sommes qui, mis bout à bout, donnent le tournis, mais qui ne semblent pas gêner outre mesure les politiciens de tous bords qui s’en mettent plein les poches et tentent de surfer sur le mécontentement populaire, notamment celui du 10 septembre, pour revenir sur le devant de la scène.
Mais, le branle-bas de combat qu’on note ici et là avec, pour certains politiciens, l’idée de voir le président de la République, élu démocratiquement, démissionner ou dissoudre l’Assemblée nationale, ou encore voir tomber l’actuel 1ᵉʳ ministre qui est un bonimenteur hors pair, n’effacera aucunement la dette de 3 345,8 milliards d’euros.
Ce n’est pas la chute d’un 1ᵉʳ ministre, ni la dissolution d’une Assemblée, ni le départ précipité d’un président qui changera la donne. Ces éventuels scénarios ne feront qu’accentuer la crise.
