Réunion

Le collectif citoyen L’Étang-Salé Solidaire et Écologique s’oppose au projet de « sable blanc »

L’Étang-Salé, le 13 septembre 2025 — Le collectif citoyen L’Étang-Salé Solidaire et Écologique a publiquement demandé la suspension du projet de recouvrement de la plage de L’Étang-Salé par du sable blanc importé d’Égypte. Qualifié de « non-sens écologique, économique et culturel » par ses opposants, le projet soulève l’indignation de nombreux Réunionnais.

Ce projet, qui vise à aménager des terrains de sport sur la plage emblématique de sable noir, a déjà démarré. D’un coût de plus de 460 000 euros pour 1 800 m² de plage, l’initiative est dénoncée par Vincent Défaud, représentant du collectif. À l’approche du Conseil municipal qui doit évoquer le dossier, le collectif appelle la mairie à arrêter immédiatement les travaux et à dialoguer avec la population. Une pétition en ligne intitulée « Sauvons la plage de L’Étang-Salé – Non au sable blanc importé » a été lancée et a déjà recueilli plus de 850 signatures en quelques jours. Les signataires, qui estiment que le sable noir volcanique est un « joyau naturel », refusent de le voir défiguré.

Le collectif L’Étang-Salé Solidaire et Écologique s’inquiète des dangers potentiels du sable importé. « Le sable d’Égypte n’est pas le sable de L’Étang-Salé — ce qui est pur ailleurs peut devenir poison ici », alerte Vincent Défaud. Selon lui, l’introduction d’un matériau étranger menace la biodiversité et la santé publique, notamment en raison de micro-organismes et de germes potentiellement invasifs. Le collectif craint également que le recouvrement de la plage n’accélère l’érosion de la dune et ne dénature le site. Outre l’impact environnemental, l’opération est jugée coûteuse, d’autant qu’elle devra être renouvelée tous les deux ou trois ans en raison de l’action de la houle.

Les opposants critiquent également le manque de transparence. Le projet aurait été décidé sans aucune consultation préalable des habitants, un fait que la mobilisation actuelle tend à prouver. Vincent Défaud, également référent Outre-mer de Génération Écologie, regrette de ne pas avoir pu obtenir les analyses sur la qualité du sable importé, et insiste pour que les études d’impact environnemental soient rendues publiques.

Face à cette situation, le collectif citoyen et Génération Écologie demandent un moratoire et la reprise du dialogue sur de nouvelles bases. Ils exigent une totale transparence, la publication immédiate de toutes les études liées au projet, et une consultation des habitants et d’experts indépendants. « Au nom du principe de précaution et du respect de l’identité de la plage de L’Étang-Salé, nous demandons la suspension de ce projet et la préservation de notre plage de sable noir », déclare Vincent Défaud. Le collectif appelle également l’État, par l’intermédiaire du préfet, à jouer son rôle de garant du patrimoine naturel.

Le collectif propose des alternatives durables, comme l’exploration de solutions pour les terrains de sport qui privilégieraient des matériaux locaux ou qui conserveraient le sable noir d’origine. Leur objectif est de concilier le développement sportif et la préservation de l’écosystème.

La mobilisation citoyenne prend de l’ampleur. Le collectif a transmis une lettre ouverte au maire de L’Étang-Salé ainsi qu’au préfet. Il rappelle que ce dernier dispose d’un pouvoir de contrôle de légalité sur les actes des communes et n’exclut pas de le saisir si les obligations en matière d’études d’impact ou de concertation ont été ignorées. Une action en justice administrative est aussi à l’étude si aucun dialogue n’est engagé. Le collectif espère que le bon sens des décideurs l’emportera, mais se dit prêt à poursuivre la mobilisation si nécessaire.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *