3 746 signatures contre l’importation de sable blanc à L’Étang-Salé
L’Étang-Salé, La Réunion – Le projet d’aménagement d’un terrain multi-activités sur sable à L’Étang-Salé suscite une vive controverse. Estimé à 460 473 € et financé conjointement par le Conseil départemental (52 %), la commune (24 %) et la Civis (23,94 %), il prévoit l’utilisation de sable blanc importé d’Égypte pour recouvrir le site. Une décision qui divise profondément la population locale.
Les arguments de la mairie
Dans un communiqué, la commune justifie ce choix par plusieurs raisons :
- Confort thermique : le sable noir, caractéristique des plages réunionnaises, emmagasine fortement la chaleur solaire et peut atteindre des températures dangereuses pour la pratique sportive. Le sable blanc, plus réfléchissant, resterait plus frais et donc plus sûr.
- Conformité sportive : selon la FIVB (beach volley) et la FIFA (beach soccer), le sable clair, lavé et homogène est recommandé pour garantir sécurité et performance. Un sable blanc répond à ces critères, ce qui renforcerait l’attractivité de La Réunion pour l’accueil de compétitions et de stages internationaux.
- Respect environnemental : la municipalité précise que l’équipement est implanté hors zone protégée des filaos, conformément aux prescriptions de l’ONF et de la DEAL. Après études et concertations avec architectes, bureaux d’études, services de l’État et associations sportives, le sable blanc aurait été retenu comme « la solution la plus adaptée en termes de sécurité, confort et durabilité ».
- Procédure réglementaire : un appel d’offres a été lancé et l’entreprise attributaire a, dans le respect du cahier des charges, choisi librement son fournisseur international.
Une contestation grandissante
Malgré ces arguments, l’opposition écologiste dénonce un « non-sens écologique, économique et culturel ». À l’initiative de Vincent Defaud, une pétition en ligne a déjà recueilli 3 746 signatures. Les opposants pointent plusieurs risques :
- Environnementaux : possible introduction de micro-organismes étrangers, impact sur la faune et la flore de l’arrière-plage, risque d’érosion accélérée des dunes de sable noir.
- Sanitaires : irritations respiratoires et allergies liées aux particules fines.
- Économiques : une dépense jugée excessive – plus de 460 000 € d’argent public – pour une opération qui, selon eux, devra être renouvelée tous les deux ou trois ans.
Entre modernité et identité locale
Au cœur du débat : la question de l’équilibre entre modernisation des infrastructures sportives et préservation du patrimoine naturel et culturel. Pour ses détracteurs, importer du sable blanc à proximité d’une des plus belles plages de sable noir de La Réunion revient à dénaturer le site. Pour ses défenseurs, il s’agit au contraire d’un choix pragmatique, tourné vers l’avenir sportif et touristique de la commune.
(Photo : Vincent Defaud )
