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Saint-Pierre : la gestion des cantines scolaires à nouveau pointée du doigt

Saint-Pierre, octobre 2025 — La polémique autour de la gestion de la régie des cantines scolaires refait surface à Saint-Pierre. Ce sujet, soulevé dès avril 2024 par Ruth Dijoux, prend une nouvelle ampleur après les observations sévères de la Chambre régionale des comptes (CRC) dans son dernier rapport.

Ruth Dijoux

Il y a un an et demi, Ruth Dijoux interpellait déjà l’ancien maire Michel Fontaine sur « l’opacité des comptes » et la « gestion non efficiente » du service des cantines. Elle rappelait à cette occasion les obligations légales en matière de recouvrement de redevances et d’exécution des titres de recettes. En guise de réponse, la municipalité avait alors annoncé l’effacement d’une dette générale et la mise en place d’un tarif unique d’un euro, sans répondre aux interrogations sur la transparence et la gestion du service.
Une décision que certains avaient déjà interprétée comme « un aveu implicite de négligence », à l’approche des échéances électorales de 2026.

Mais la CRC est venue confirmer les inquiétudes. Dans son rapport, elle évoque des « dysfonctionnements importants dans la chaîne comptable », le « non-respect d’obligations réglementaires essentielles » et « l’absence de réelle diligence face aux impayés ». Autrement dit, les failles dénoncées par l’opposition semblent bel et bien établies par l’institution de contrôle.

Mercredi 22 octobre 2025, lors du Conseil municipal, les élus d’opposition Pascal Basse (PCR) et Corine Bédier (PS) ont relancé le débat. Ils s’interrogent notamment sur l’effacement d’une dette de 900 000 euros dans une commune déjà lourdement endettée.
« Les Saint-Pierrois ne paieront-ils pas autrement cette dette ? », ont-ils demandé, tout en dénonçant « quatre années d’alertes restées sans réponse concrète ».

Face à ces critiques, le maire actuel, David Lorion, a semblé vouloir éviter l’affrontement direct. Selon plusieurs témoins de la séance, il aurait laissé la parole à d’autres élus pour répondre, évoquant au passage un « bug informatique » — justification jugée peu convaincante, aucun procès-verbal ne mentionnant une telle anomalie.
Une attitude interprétée par certains comme un manque de courage politique, dans un dossier où la responsabilité municipale semble difficile à éluder.

Au-delà du ton souvent ironique employé par l’opposition, le fond de la question reste sérieux : comment éviter que ces irrégularités ne se reproduisent ?
Entre défaut de transparence, communication floue et gestion contestée, la municipalité de Saint-Pierre se retrouve une nouvelle fois sous les projecteurs.
Et à quelques mois des élections, l’affaire des cantines pourrait bien devenir un symbole de la gouvernance locale, entre mémoire du passé et promesse de renouveau.

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