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Le courage de Fabien Mandon et la couardise des élus français – et des Français tout court

Lors du Congrès des maires de France, mardi, le général Fabien Mandon, chef d’état-major des armées françaises, a eu l’audace de rappeler une vérité qui fâche. Devant les élus, il a déclaré : « On a tout le savoir, toute la force économique et démographique pour dissuader le régime de Moscou […]. Ce qu’il nous manque […], c’est la force d’âme pour accepter de nous faire mal pour protéger ce que l’on est », avant d’ajouter : « Si notre pays flanche parce qu’il n’est pas prêt à accepter de perdre ses enfants — parce qu’il faut dire les choses —, de souffrir économiquement parce que les priorités iront à la production de défense, alors on est en risque. »

Son crime, donc ? Avoir prononcé ces quatre mots devenus tabous : « accepter de perdre nos enfants ». Sacrilège absolu qui lui vaut aujourd’hui une volée de bois vert de la part de plusieurs responsables politiques, soudain transformés en vestales de la vertu patriotique.

Pourtant, le militaire — courageux, mais visiblement peu expert en sociologie appliquée à la France contemporaine — semble surestimer un pays devenu réfractaire à tout effort un tant soit peu douloureux. Une société bercée par le confort, le moindre effort érigé en idéal de vie, où les jeunes sont nourris à l’illusion que tout leur est dû, et soutenus dans cette douce torpeur par une classe politique qui n’a aucun intérêt à réveiller qui que ce soit.

Une société où l’angélisme a supplanté le réalisme géopolitique, aveuglant une génération peu encline à se sacrifier pour un pays qui, paradoxalement, lui a tout donné. Le général Mandon, qui n’a sûrement pas moins d’attachement pour ses propres enfants que n’importe quel citoyen, a au moins le mérite — ou l’inconscience — de dire tout haut ce que beaucoup préfèrent ne pas entendre.

Mais qu’importe : une partie de la classe politique s’est empressée de lui tomber dessus, trop heureuse de détourner le débat pour éviter de regarder la situation en face. Une réaction qui illustre parfaitement non seulement la lâcheté assumée de ces élus, mais aussi, par ricochet, celle d’une société entière, incapable d’admettre la nature du danger potentiel qui pourrait frapper la France, selon l’analyse d’un homme qui, lui, sait de quoi il parle.

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