Offre de service civique à La Réunion : une indemnité jugée discriminatoire provoque l’indignation
Une offre de volontariat en service civique publiée le 18 novembre 2025 sur France Travail pour un poste de chargé(e) de mission SATEGE à Saint-Pierre (974) suscite depuis plusieurs jours une vive polémique à La Réunion. En cause : la mention d’une indemnité supplémentaire de 820 € brut par mois si le candidat possède une adresse en métropole, en plus d’une indemnité de base de 850 € brut.
Une formulation qui, selon de nombreux internautes et élus locaux, crée une différence de traitement injustifiée entre candidats, alors même que la mission pourrait être remplie par des jeunes du territoire.
Une offre de l’État jugée inégalitaire
L’offre émane d’un service de l’État : la DAAF (Direction de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt). La mission proposée relève du pôle « Agriculture Durable » et consiste notamment à contribuer au suivi des plans d’épandage, au traitement de données et à la rédaction de bilans périodiques.
Mais c’est la partie concernant la rémunération qui fait débat. En effet, le texte précise noir sur blanc :
« Indemnité de base de 850 € brut (+ indemnité supplémentaire de 820 € brut/mois si adresse en métropole). »
Pour de nombreux observateurs, cela revient de fait à rendre l’offre plus attractive pour des candidats extérieurs au territoire, et à décourager les jeunes réunionnais qui souhaitent s’engager dans un service civique local.
La réaction immédiate du député Frédéric Maillot
Face à ce qu’il considère comme une injustice, le député de La Réunion, Frédéric Maillot, a exprimé publiquement son indignation.
Il dénonce une nouvelle illustration de pratiques créant des inégalités d’accès à l’emploi, y compris dans le secteur public :
« Comme tous les Réunionnais, je suis indigné par la description de cette offre d’emploi d’un service de l’État, la DAAF, qui contribue à créer des inégalités à l’accès à l’emploi en privilégiant et/ou incitant à des candidatures exogènes, relayée par France Travail »
L’élu rappelle avoir déjà dû déposer une plainte dans le passé pour un cas similaire dans le secteur privé, et s’inquiète de voir ce phénomène s’étendre :
J’ai eu à porter plainte contre X pour une problématique similaire dans le secteur privé et constate que cela se produit ouvertement dans le secteur public !
Selon lui, rien ne justifie que la mission ne puisse être assurée par un jeune réunionnais :
Cet emploi de volontaire de service civique en CDD peut être largement pourvu par des jeunes Réunionnais au niveau local !
Considérant cette offre comme discriminatoire envers la jeunesse réunionnaise, Frédéric Maillot annonce saisir immédiatement les autorités concernées :
Je saisirai le Préfet, les Directeurs de la DAAF et France Travail Réunion de cette offre d’emploi que je considère comme une 𝐝𝐢𝐬𝐜𝐫𝐢𝐦𝐢𝐧𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐯𝐢𝐬-𝐚̀-𝐯𝐢𝐬 𝐝𝐞 𝐧𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐣𝐞𝐮𝐧𝐞𝐬𝐬𝐞 𝐞𝐧 𝐫𝐞𝐜𝐡𝐞𝐫𝐜𝐡𝐞 𝐝’𝐢𝐧𝐬𝐞𝐫𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐩𝐫𝐨𝐟𝐞𝐬𝐬𝐢𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥𝐥𝐞 !
Un malaise persistant autour de l’égalité des chances
Cette affaire ravive un débat récurrent à La Réunion : celui de l’égalité d’accès aux opportunités professionnelles entre les jeunes du territoire et les candidats extérieurs.
Dans un contexte où le taux de chômage des jeunes reste parmi les plus élevés de France, la présence d’un avantage financier réservé aux non-résidents est perçue comme une injustice flagrante.
Pour beaucoup, ces pratiques alimentent le sentiment que l’État ne lutte pas suffisamment contre les disparités territoriales, pourtant au cœur de nombreux discours institutionnels.
