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Élections 2026 : voraces comme des candidats déjà élus

En 2026 auront lieu les prochaines élections municipales. Sur tout le territoire français, c’est le branle-bas de combat : chacun polit déjà son plus beau sourire électoral dans l’espoir de rafler une mairie.

La Réunion n’échappe évidemment pas à cette fièvre démocratique… ou plutôt pseudo-démocratique, puisqu’elle n’enflamme qu’une poignée d’électeurs. Le taux d’abstention, lui, bat des records et rappelle à quel point la politique passionne autant qu’un rapport de commission parlementaire un dimanche après-midi.

Mais une chose, en revanche, n’échappe pas aux citoyens : l’appétit gargantuesque de certains candidats. Non contents d’être déjà députés — oui, déjà — ils lorgnent maintenant sur un fauteuil de maire. Le cumul des ambitions, visiblement, ne figure pas dans la liste des choses à limiter.

À Saint-Pierre, Emeline K/Bidi, députée de la 4ᵉ circonscription, rêve ainsi de la première magistrature de la commune. Après tout, pourquoi se contenter d’un mandat quand on peut en collectionner ? Les cartes Pokémon, c’est dépassé.

À Sainte-Suzanne, le départ annoncé de Maurice Gironcel, condamné par la justice et affirmant qu’il ne se représentera pas (promis-juré), ouvre l’appétit de Frédéric Maillot, député de la 6ᵉ circonscription. Lui non plus n’exclut pas de tenter l’aventure municipale. On ne sait pas s’il veut “servir la population” ou simplement agrandir sa vitrine de titres honorifiques. Probablement un subtil mélange des deux.

Autant de candidatures venues de personnalités déjà élues interrogent sur leur rapport — très particulier — à la démocratie. Cette tentation irrépressible de cumuler les casquettes rappelle les grandes heures des anciens caciques réunionnais, ceux pour qui la notion de “limite” relevait surtout de la mythologie.

L’impression générale ? Un délicieux parfum de retour en arrière, quand tout pouvoir devait impérativement tenir dans une seule main. L’avidité ne se cache même plus ; elle s’affiche, presque fièrement, chez des élus pourtant instruits, diplômés, et censés savoir mieux que quiconque qu’un mandat n’est pas un buffet à volonté.

L’image qu’ils renvoient aujourd’hui aux électeurs est limpide : celle de candidats déjà élus, mais toujours aussi voraces. De quoi conforter ceux qui, depuis longtemps, ont déserté les urnes en pensant que les dés sont pipés dès le début.

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