Saint-Pierre : la CFTC dénonce une situation “alarmante” à la Direction de la Vie Citoyenne après un appel resté sans réponse
Saint-Pierre, décembre 2025 — Le climat social se tend à la mairie de Saint-Pierre. Après avoir adressé un courrier au maire, David Lorion, le 18 novembre 2025 pour solliciter une audience urgente concernant la situation au sein de la Direction de la Vie Citoyenne (DVC), la CFTC rend désormais publiques ses préoccupations. Le syndicat affirme que, faute de réponse de la municipalité, il n’a plus d’autre choix que d’alerter ouvertement sur ce qu’il décrit comme une crise profonde et durable.
Dans ce courrier cosigné avec FO et enregistré en mairie le 19 novembre, les syndicats rappelaient que plusieurs engagements avaient été pris par le maire lors d’une réunion tenue le 30 octobre. Ils affirmaient notamment que la municipalité s’était engagée à garantir la protection des agents face aux pressions signalées, à mandater sans délai un cabinet extérieur pour réaliser un audit des risques psychosociaux, et à trancher avant début décembre sur la réintégration ou non du directeur de la DVC suspendu à titre conservatoire. Or, pas un seul de ces engagements n’aurait été respecté, selon la page 1 du courrier, qui souligne que l’audit n’a jamais été lancé et que les tensions n’ont cessé de s’accentuer. Le document évoque même, à ce stade, “un climat social qui se dégrade”, ainsi que des “altérations hebdomadaires entre agents”
Dans ce même courrier, situé page 2, les syndicats rappelaient qu’après la suspension du directeur, les agents avaient exprimé une incompréhension totale, un sentiment d’injustice et une anxiété collective liée à un manque de transparence. Ils insistaient sur un déficit croissant de dialogue avec l’administration, une perte de confiance institutionnelle et l’absence de mesures correctives. Les agents, écrivaient-ils, ne croyaient plus aux engagements municipaux et envisageaient même un rassemblement à l’Hôtel de Ville pour se faire entendre
Dans son communiqué, publié plusieurs semaines après ce courrier resté sans suite, la CFTC affirme que les agents tentent depuis plus de deux mois d’obtenir une audience. Depuis la suspension du directeur début octobre, ils demandent à être reçus afin d’exposer leur version des faits et de contextualiser les événements. Le syndicat insiste sur le fait que les agents ont toujours veillé à ne pas perturber le service public, proposant des rencontres en dehors des horaires de travail et organisant leurs actions hors temps de service. Pourtant, aucune réponse ne leur aurait été donnée. “Ce silence est devenu pour eux un symbole d’injustice”, déplore la CFTC, qui y voit désormais “un signe visible d’une rupture du dialogue social”.
Le communiqué décrit par ailleurs une situation particulièrement préoccupante au sein de la DVC. Les agents feraient face à deux plaintes pénales pour harcèlement moral présumé, à un management intermédiaire fragilisé, à un désengagement progressif dans les missions, ainsi qu’à des alertes internes qui auraient été suivies, non de mesures de protection, mais de sanctions, mutations déguisées ou suspensions. Certains agents auraient fini par quitter leur poste, tandis que les arrêts longue durée et les accidents de travail augmenteraient de manière significative. “Ces faits, les agents les subissent, l’administration les voit, et l’autorité municipale en est informée. Et pourtant, rien ne change”, affirme la CFTC.
Selon le syndicat, cette situation dépasse largement le cadre de la seule Direction de la Vie Citoyenne. Plusieurs services municipaux présenteraient des symptômes similaires : tensions, incompréhensions, démotivation, sentiment d’abandon. Depuis plus de dix ans, la CFTC dit réclamer la mise en place d’un diagnostic des risques psychosociaux et d’un plan d’action annuel de prévention, sans jamais obtenir satisfaction. “Le résultat, aujourd’hui, en est le triste reflet”, résume le communiqué.
Face à l’absence de réponse de la mairie, la CFTC explique “parler haut et fort” parce que les agents n’en peuvent plus de “parler dans le vide”. Le syndicat estime que l’absence de réaction des autorités constitue désormais une réponse en soi. Il rappelle que derrière les courriers et les sollicitations, il y a des agents “dévoués au service public” qui “appellent à l’aide”.
La CFTC réitère donc sa demande d’une audience avec le maire, accompagnée de mesures rapides et durables pour apaiser le climat social. Elle appelle également à une prise en compte systématique des alertes, sans discrimination ni représailles. Le communiqué se conclut en affirmant que cette prise de parole n’est “pas un affront, mais un miroir”, destiné à ce que nul ne puisse dire qu’il ne savait pas.
À ce jour, la mairie de Saint-Pierre n’a pas communiqué publiquement sur ces demandes ni sur la situation décrite par les syndicats.
