La Hongrie réaffirme une conception binaire du sexe : homme ou femme
À contre-courant de nombreuses évolutions sociétales observées dans plusieurs pays occidentaux, la Hongrie a choisi de réaffirmer une conception strictement binaire du sexe, fondée sur la distinction biologique entre homme et femme.
Face à ce que les autorités hongroises qualifient de dérive idéologique autour des questions de genre — marquée notamment par la reconnaissance juridique d’identités transgenres ou non binaires, ainsi que par l’émergence de nouveaux pronoms — le gouvernement a décidé de modifier la Constitution. Cette révision vise à restreindre la reconnaissance légale du sexe aux seules catégories masculine et féminine.
Une orientation qui n’est pas sans rappeler certains débats juridiques observés ailleurs en Europe. Ainsi, au Royaume-Uni, la Cour suprême du Royaume-Uni s’est prononcée le 15 avril 2025 sur des questions liées à la reconnaissance du sexe. Dans cette décision, citée par les partisans d’une approche biologique, la haute juridiction a rappelé que le sexe juridique pouvait être apprécié au regard de celui constaté à la naissance, alors qu’elle statuait sur un litige relatif à la reconnaissance du statut de femme. Une position qui, sans modifier la loi britannique, a ravivé les débats sur les fondements mêmes de la définition légale du sexe.
Selon les défenseurs de la réforme hongroise, cette décision s’inscrit dans une volonté de préserver des repères jugés fondamentaux, fondés sur la biologie et la nature humaine. Ils estiment que certaines législations occidentales s’en éloignent progressivement en intégrant des concepts perçus comme socialement construits, voire promus par une minorité militante.
Cette modification constitutionnelle n’a pas manqué de susciter de vives réactions à l’international. De nombreuses organisations de défense des droits des personnes LGBTQ+ dénoncent une atteinte aux libertés individuelles et aux droits des minorités. À l’inverse, certains observateurs y voient l’expression d’un débat de plus en plus présent au sein même des démocraties occidentales, où les politiques liées au genre font l’objet de contestations croissantes.
Qu’on l’approuve ou qu’on la critique, la décision hongroise illustre une fracture idéologique profonde entre deux visions de la société : l’une fondée sur une approche biologique et traditionnelle du sexe, l’autre sur une conception plus fluide et identitaire. En Hongrie, ce débat semble désormais tranché sur le plan constitutionnel, mettant un coup d’arrêt, au moins juridiquement, à l’élargissement des catégories de genre.
