Conflit au Moyen-Orient : Huguette Bello alerte sur les risques pour l’économie mondiale et La Réunion
La présidente de la Région Réunion, Huguette Bello, a réagi à l’escalade des tensions au Moyen-Orient en exprimant son inquiétude face aux conséquences humaines, géopolitiques et économiques du conflit en cours. Dans un communiqué, elle dénonce une situation « prévisible » dont les répercussions dépassent largement la région et pourraient, à terme, affecter La Réunion.
Selon la présidente de Région, l’embrasement actuel est le résultat de décisions prises par deux dirigeants : Donald Trump et Benjamin Netanyahu. Elle critique notamment l’instabilité politique et les « positions erratiques » du président américain, ainsi que la responsabilité du chef du gouvernement israélien dans la situation actuelle.
Huguette Bello rappelle également que Benjamin Netanyahu fait l’objet d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité liés aux opérations menées contre la population palestinienne, notamment à Gaza. Elle souligne aussi que la décision de Donald Trump de mettre fin à l’accord sur le nucléaire iranien, conclu sous la présidence de Barack Obama, a contribué à fragiliser l’équilibre diplomatique dans la région.
Dans ce contexte, la présidente de Région estime que l’entrée en guerre contre l’Iran, décidée selon elle sous l’influence du gouvernement israélien, constitue une décision « d’une extrême gravité » prise en dehors du cadre du droit international et sans recours aux instances internationales comme les Nations Unies.
Elle salue en revanche la position exprimée par le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, qui a condamné l’intervention israélo-américaine et rappelé l’importance du respect du droit international.
S’agissant de La Réunion, Huguette Bello estime que les impacts immédiats du conflit devraient rester relativement limités. Depuis la guerre en Ukraine, une grande partie du trafic maritime reliant l’Europe — principale source d’approvisionnement de l’île — ne transite plus par le Canal de Suez mais contourne l’Afrique par le cap de Bonne‑Espérance.
De même, une éventuelle fermeture du détroit d’Ormuz n’aurait pas d’impact immédiat sur l’île. La Réunion dispose de stocks stratégiques et s’approvisionne en pétrole raffiné notamment depuis Singapour.
Toutefois, la présidente de Région met en garde contre les effets à moyen terme si le conflit devait s’installer dans la durée. Une hausse importante du prix du pétrole pourrait entraîner une augmentation du coût des carburants et du gaz. Elle rappelle que le prix de la bouteille de gaz est actuellement maintenu à 18 euros grâce à l’intervention de la Région.
Une hausse durable des prix de l’énergie pourrait donc nécessiter un effort financier plus important des collectivités, qui devrait, selon elle, être partagé.
Le conflit pourrait également provoquer une augmentation du coût du fret maritime, avec des répercussions sur les prix des produits importés et de consommation courante.
Les liaisons aériennes entre La Réunion et l’Hexagone pourraient également être affectées si l’évolution du conflit conduisait à modifier certains itinéraires aériens.
Pour Huguette Bello, ces incertitudes rappellent la vulnérabilité de l’économie réunionnaise, fortement dépendante d’approvisionnements lointains. Elle estime que la stratégie régionale visant à renforcer la souveraineté alimentaire et l’autonomie énergétique de l’île prend, dans ce contexte, « plus que jamais tout son sens ».
Enfin, la présidente de Région rappelle l’importance du mot d’ordre « océan Indien zone de paix ». Elle évoque notamment l’utilisation de l’île de Diego Garcia comme base militaire, utilisée selon elle pour servir des intérêts étrangers aux peuples de la région.
Dans un contexte international marqué par le retour des conflits armés, Huguette Bello appelle à défendre les principes du droit international et à préserver la stabilité dans l’océan Indien.
