Nouvelle voie urbaine du Tampon : va-t-on jeter 51 104 481,34 € à la poubelle ?
Le Tampon est une ville saturée. Année après année, la population n’a cessé d’augmenter, jusqu’à transformer ses axes routiers en véritables parkings à ciel ouvert. Face à cette situation, l’ancienne majorité a jugé bon de lancer un projet de nouvelle voie urbaine. Une idée louable… même si l’on peut se demander, avec le recul, s’il n’aurait pas été plus judicieux de désengorger la commune par l’Est.
Mais passons.
La modique somme de 51 104 481,34 € a donc été mobilisée pour réaliser cette route de 5 km, reliant Trois Mares au 14e km. Rien que ça.
Bien sûr, ce montant est partagé à hauteur de 10 831 506,61 € entre plusieurs acteurs : la CASUD, la commune du Tampon, la Région Réunion, le Département de La Réunion… et même le FEDER, qui participe à hauteur de 7 778 455,91 €. La part communale, elle, s’élève aussi et tout de même à 10 831 506,61 €. Une paille, en somme.

Et comme si cela ne suffisait pas, les travaux ont déjà commencé. Oui, oui : le chantier est lancé, les engagements financiers sont pris, et les engins ne sont pas là pour faire de la figuration.
Alors évidemment, on peut comprendre l’opposition des riverains concernés. On peut aussi entendre la volonté de la nouvelle municipalité de remettre le projet en question. Et l’on peut même s’étonner — c’est un euphémisme — des choix stratégiques de l’ancienne majorité qui aurait pu faire ce chemin par l’Est.
Mais à un moment donné, il faut regarder la réalité en face.
Arrêter un chantier de cette envergure, ce n’est pas simplement appuyer sur un bouton « pause ». C’est s’exposer à des pénalités qui pourraient, elles aussi, se chiffrer en millions d’euros.
Alors posons la vraie question : est-il vraiment raisonnable de jeter 51 millions d’euros (et quelques centimes) à la poubelle ?
À défaut d’avoir pris les meilleures décisions au départ, il serait peut-être temps d’éviter d’en prendre de franchement mauvaises maintenant.

