Réunion

Le Tampon : abandon par Alexis Chaussalet du projet de Parc du Volcan, la raison écologique l’emporte

C’est un revirement majeur qui marque un tournant pour l’aménagement des Hauts de l’île. Le maire du Tampon, Alexis Chaussalet, a décidé de mettre un terme au projet controversé de Parc du Volcan à la Plaine des Cafres. Une décision qui intervient après des mois de débats, de critiques et d’inquiétudes croissantes quant à l’impact environnemental d’un tel aménagement.

Lancé à l’origine en 1996 sous l’impulsion d’André Thien-Ah-Koon, le projet visait à créer un vaste espace de loisirs sur plus de 23,5 hectares, à Bourg-Murat, à proximité immédiate de la Cité du Volcan et du Parc national. Aires de jeux, parcours cyclistes, zones de pique-nique, belvédères, serres géodésiques ou encore parkings : autant d’infrastructures pensées pour dynamiser l’attractivité touristique de la commune.

Une première phase d’aménagement, incluant notamment des jeux pour enfants, une piste de pump track et des kiosques, a été réalisée pour un montant de 6,4 millions d’euros. Mais le cœur du projet — comprenant notamment des tyroliennes et diverses attractions — ne verra finalement pas le jour.

Dès juin 2023, notre rédaction sur Koafe.info alertait sur les risques d’un tel projet, évoquant une possible « catastrophe écologique » pour la Plaine des Cafres. Ce territoire, véritable poumon vert du Tampon et plus largement de La Réunion, représente un espace naturel d’une richesse exceptionnelle.

Réputée pour être l’une des zones les moins polluées de l’île, la Plaine des Cafres abrite une biodiversité fragile, incluant plusieurs espèces endémiques d’oiseaux comme le papangue (Circus maillardi), le zoizo la Vierge ou encore le tec-tec. Un équilibre écologique précieux, aujourd’hui menacé à l’échelle mondiale par le changement climatique.

Le projet du Parc du Volcan s’inscrivait dans une logique de développement touristique, avec une estimation de 300 000 visiteurs par an. Mais cette ambition s’est heurtée à une réalité de plus en plus prégnante : la nécessité de préserver les espaces naturels face à l’urgence climatique.

Artificialisation des sols, augmentation du trafic, nuisances sonores, production de déchets… autant de conséquences redoutées par les opposants au projet. Dans un contexte où le GIEC ne cesse d’alerter sur l’accélération du réchauffement climatique, nombreux sont ceux qui appelaient à plus de sobriété et à une valorisation douce des territoires.

L’abandon du projet est perçu par beaucoup comme une décision de bon sens. La Plaine des Cafres n’a pas besoin d’un parc d’attractions pour exister : elle est, en elle-même, une destination prisée pour son authenticité, ses paysages préservés et sa capacité à offrir calme et ressourcement.

Espace de respiration pour les habitants des Bas en période de chaleur, porte d’entrée vers les sites emblématiques comme le Piton de la Fournaise ou Grand Bassin, la Plaine incarne une autre vision du tourisme : plus respectueuse, plus durable.

Cette décision marque peut-être un changement de paradigme dans les politiques d’aménagement locales. Elle pose une question essentielle : faut-il systématiquement transformer les espaces naturels pour les valoriser économiquement, ou apprendre à préserver leur valeur intrinsèque ?

À l’heure où les enjeux environnementaux deviennent centraux, le choix de renoncer à ce projet pourrait bien faire figure d’exemple.

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