Réunion

La baisse drastique des contrats aidés inquiète les élus réunionnais

La décision de l’État de réduire fortement le nombre de contrats aidés, notamment les Parcours Emploi Compétences (PEC), suscite une vive inquiétude chez les élus locaux de La Réunion. Réunis ce jour sous l’égide du représentant de l’État, les 24 maires de l’île et les cinq présidents d’intercommunalités ont exprimé leur profonde préoccupation face à une mesure jugée lourde de conséquences sociales et territoriales.

Selon les informations communiquées, le quota de contrats PEC, déjà en baisse en 2025, devrait subir une nouvelle réduction de 60 % en 2026. Au total, seuls 4 000 contrats seraient désormais alloués à l’ensemble du territoire réunionnais, dont à peine 800 pour les communes et intercommunalités. Une diminution drastique qui intervient alors même que les budgets locaux sont déjà votés, laissant peu de marge de manœuvre aux collectivités.

Pour Mathieu Hoarau, maire de L’Étang-Salé, cette décision met en péril le fonctionnement des services publics de proximité. Sa commune, qui bénéficiait jusqu’ici de 120 contrats PEC par an, pourrait en perdre plus de 95 %. « La continuité du service public communal ne pourra plus être garantie », alerte-t-il, évoquant notamment les secteurs scolaire et périscolaire.

Les emplois aidés jouent en effet un rôle clé dans de nombreux services du quotidien : accueil des enfants, restauration scolaire, entretien des espaces publics ou encore accompagnement des publics fragiles. Leur disparition brutale fait craindre une désorganisation majeure à l’approche de la rentrée scolaire 2026. Plusieurs questions se posent déjà : faudra-t-il réduire les activités périscolaires, redéployer les agents ou revoir l’offre de restauration scolaire ?

Au-delà des services, les élus soulignent également l’impact social de cette mesure. Dans un contexte déjà marqué par l’inflation, la hausse des prix de l’énergie et l’érosion du pouvoir d’achat, la réduction des contrats aidés risque d’aggraver la précarité des ménages réunionnais. « Les emplois aidés ne sont pas de simples variables d’ajustement budgétaire », rappelle le maire, insistant sur leur rôle de tremplin vers l’emploi durable.

Face à cette situation, les élus appellent à une mobilisation collective. Ils demandent une réévaluation immédiate des quotas et l’ouverture d’un dialogue avec l’État. « Il en va du maintien de nos services publics, de la cohésion sociale de notre territoire et de la dignité des Réunionnais », conclut Mathieu Hoarau.

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