Sécheresse : la mégabassine du Tampon d’André Thien Ah Koon, jadis critiquée, apparaît aujourd’hui comme une vision d’avenir
« L’eau est l’affaire de tous ». C’est dans ce contexte de sécheresse exceptionnelle que Jean-Paul Normand, sous-préfet de Saint-Pierre, s’est rendu récemment au Tampon afin d’échanger avec le maire Alexis Chaussalet, les services de l’État ainsi que le président de la Chambre d’agriculture sur les conséquences du déficit pluviométrique qui frappe durement La Réunion depuis le début de l’année 2026.
Alors que la saison des pluies, habituellement comprise entre novembre et avril, aurait dû permettre de reconstituer les réserves hydriques, l’île fait aujourd’hui face à une situation préoccupante. Les ressources en eau potable diminuent dangereusement tandis que le monde agricole subit déjà les premières conséquences de cette sécheresse inhabituelle.
Face à cette crise, les autorités appellent à la responsabilité collective. Réduction des consommations inutiles, sobriété dans les usages quotidiens et préservation de la ressource deviennent désormais des impératifs pour éviter une aggravation de la situation.
Au Tampon, la retenue collinaire de Piton Sahales a été présentée comme un exemple concret d’adaptation face au changement climatique. La DEAL, agissant pour le compte du préfet de La Réunion, a accompagné les démarches techniques permettant la mobilisation ponctuelle de cette réserve d’eau au profit notamment des agriculteurs locaux, tout en assurant le contrôle et la sécurité de l’ouvrage hydraulique.

Une démonstration qu’il est possible de concilier besoins agricoles, respect des normes environnementales et adaptation aux nouvelles réalités climatiques.
Mais derrière cette retenue collinaire se cache également un rappel politique. Car bien avant que la question du stockage massif de l’eau ne devienne une évidence pour beaucoup, ce type d’infrastructure était déjà défendu par l’ancien maire du Tampon, André Thien Ah Koon.
À l’époque, les projets de « mégabassines » suscitaient critiques, oppositions et incompréhensions. Certains dénonçaient des ouvrages jugés démesurés ou contestables sur le plan environnemental. Pourtant, avec la multiplication des épisodes de sécheresse et les tensions croissantes sur l’accès à l’eau, ces infrastructures apparaissent aujourd’hui sous un autre regard.
Force est de constater qu’André Thien Ah Koon faisait alors figure de visionnaire en anticipant des problématiques climatiques qui frappent désormais de plein fouet La Réunion.
Dans une île où l’eau pourrait devenir l’un des grands enjeux des décennies à venir, la question du stockage et de la sécurisation des ressources hydriques ne semble plus relever du débat idéologique, mais bien d’une nécessité.
