L’Assemblée nationale abroge officiellement le Code noir
C’est une page hautement symbolique de l’histoire française qui vient d’être tournée. Jeudi, les députés ont voté à l’unanimité l’abrogation du Code noir ainsi que de l’ensemble des textes ayant encadré l’esclavage dans les anciennes colonies françaises.
Adopté en 1685 sous le règne de Louis XIV et largement inspiré par Jean-Baptiste Colbert, le Code noir réglementait l’esclavage dans les colonies françaises. Ce texte juridique, aujourd’hui considéré comme l’un des symboles les plus violents de la déshumanisation coloniale, faisait notamment des personnes esclavagisées des « êtres meubles », les réduisant légalement au rang de biens matériels.
Le vote intervient dans un contexte de réflexion mémorielle de plus en plus marqué autour de l’histoire coloniale française et de l’esclavage. Ces textes faisaient partie de ce que certains juristes qualifiaient de « fossiles législatifs », des lois devenues obsolètes mais jamais officiellement retirées du droit français.
Le Palais Bourbon, dont le parvis accueille encore une statue de Jean-Baptiste Colbert, principal artisan du Code noir, acte ainsi une rupture symbolique avec cet héritage historique particulièrement lourd.
À l’origine de cette initiative, le député Laurent Panifous, président du groupe Liot, avait officiellement demandé dès le 13 mai 2025 l’abolition de ce texte. « L’heure est venue de se laver de cette ignominie qu’est le Code noir au nom de la justice réparatrice », avait-il déclaré devant les parlementaires.
Si cette abrogation n’efface évidemment pas les souffrances héritées de plusieurs siècles d’esclavage, elle représente néanmoins un geste politique et mémoriel fort. Pour de nombreux élus et associations, il était devenu inconcevable que de tels textes demeurent, même symboliquement, dans l’arsenal juridique français.
Ce vote unanime marque ainsi une volonté de reconnaissance historique et de condamnation claire de l’un des chapitres les plus sombres de l’histoire de France.
