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Cadmium dans les engrais : l’Assemblée nationale vote un durcissement des normes sanitaires

L’Assemblée nationale a adopté, mercredi 3 juin, une proposition de loi visant à réduire fortement la présence de cadmium dans les engrais phosphatés utilisés en agriculture. Porté par les députés Benoît Biteau et Clémentine Autain, le texte a été approuvé à une large majorité avec 144 voix pour et 22 contre.

Cette proposition de loi prévoit d’abaisser progressivement la teneur maximale autorisée en cadmium dans les engrais phosphatés. Actuellement fixée à 90 milligrammes par kilogramme (mg/kg), cette limite passerait à 40 mg/kg à partir de 2027, puis à 20 mg/kg en 2030. Le texte doit désormais être examiné par le Sénat avant une éventuelle adoption définitive.

Le vote est intervenu malgré l’opposition du gouvernement, de l’extrême droite et d’une députée du parti Les Républicains. Les défenseurs du texte estiment que cette mesure constitue une avancée importante en matière de santé publique, alors que le cadmium est considéré comme l’un des métaux lourds les plus préoccupants pour la santé humaine.

Présent naturellement dans certains minerais phosphatés utilisés pour fabriquer les engrais, le cadmium peut s’accumuler dans les sols agricoles puis se retrouver dans la chaîne alimentaire. À long terme, une exposition régulière à cette substance est associée à plusieurs risques sanitaires, notamment des atteintes rénales, des troubles osseux et certains cancers.

Selon les données de Santé publique France, l’exposition au cadmium pourrait notamment être liée à l’augmentation préoccupante des cancers du pancréas observée ces dernières années dans le pays. Cet argument a largement été mis en avant par les promoteurs du texte pour justifier un renforcement rapide de la réglementation.

Pour les partisans de la réforme, la réduction progressive des seuils autorisés permettra de limiter la contamination des sols et des aliments tout en encourageant le recours à des sources de phosphates moins chargées en métaux lourds. À l’inverse, certains acteurs du secteur agricole et industriel redoutent des conséquences économiques et des difficultés d’approvisionnement liées à ces nouvelles exigences.

Le débat se poursuivra désormais au Sénat, où les parlementaires devront se prononcer sur un texte qui place la question de la santé environnementale au cœur des politiques agricoles françaises.

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