Fête de la musique : les Zoreils et les Blancs auront-ils le droit d’écouter et de chanter le maloya ?
La Fête de la musique animera les rues et les places de toutes les communes de La Réunion ce week-end. Mais, dans le contexte actuel des débats autour du maloya, du « privilège blanc » et, plus récemment, du prétendu « privilège zoreil », une question peut légitimement être posée.
Face aux discours hostiles qui émergent parfois au sein d’une certaine frange de la population, les Blancs et les Zoreils auront-ils le droit de venir écouter du maloya, voire de chanter aux côtés des groupes qui se produiront lors de cette célébration populaire ?
Certes, la grande majorité des artistes et des amateurs de maloya se situent bien au-delà de ces polémiques et défendent avant tout les valeurs de partage, de métissage et de fraternité qui caractérisent cette musique. Néanmoins, la question mérite d’être soulevée à l’heure où les tensions identitaires occupent une place croissante dans le débat public.
Car lors de ces rassemblements festifs, certains pourraient être tentés de laisser libre cours à des comportements ou à des propos hostiles envers ceux qu’ils considèrent, à tort ou à raison, comme des privilégiés. Une perspective qui irait à l’encontre de l’esprit même de la Fête de la musique, laquelle a toujours eu vocation à rassembler plutôt qu’à diviser.
