Sport professionnel : les députés votent une réforme majeure de la gouvernance, le football en première ligne
L’Assemblée nationale a adopté, lundi 29 juin, une proposition de loi visant à réformer en profondeur la gouvernance du sport professionnel en France. Approuvé par 75 voix contre 2, le texte entend répondre aux nombreuses critiques formulées ces dernières années, notamment dans le secteur du football, en renforçant les outils de contrôle et de régulation.
Parmi les mesures les plus marquantes figure l’interdiction de la multipropriété entre un club français et un autre club étranger. Cette disposition vise à limiter les conflits d’intérêts et à renforcer l’équité des compétitions, alors que plusieurs groupes d’investissement possèdent aujourd’hui des clubs dans différents championnats.
Le texte prévoit également un renforcement des pouvoirs des fédérations sportives. Celles-ci pourraient désormais retirer aux ligues professionnelles leur subdélégation de service public, sous réserve de l’approbation du gouvernement. Une telle décision pourrait être prise en cas de défaillance grave ou lorsqu’une décision de la ligue entraînerait des difficultés sérieuses de financement ou compromettrait le bon fonctionnement de la discipline concernée.
Cette réforme intervient dans un contexte marqué par de nombreuses interrogations sur la gouvernance du football professionnel français. Les difficultés économiques de certains clubs, les tensions autour des droits audiovisuels et les débats sur le modèle économique du football ont alimenté les appels à une refonte des règles encadrant le sport professionnel.
Les défenseurs du texte estiment qu’il permettra de renforcer la transparence, la responsabilité des instances dirigeantes et la stabilité financière des compétitions. D’autres s’interrogent toutefois sur l’équilibre entre l’autonomie des ligues professionnelles et le pouvoir accru confié aux fédérations.
Le texte devra désormais poursuivre son parcours législatif avant une éventuelle adoption définitive, mais ce vote marque déjà une étape importante vers une réforme de la gouvernance du sport professionnel en France.
