Réunion

La démolition d’une maison occupée pendant près de 80 ans à Saint-Leu déclenche une polémique

La démolition d’une maison occupée par la famille Futol pendant près de 80 ans à Saint-Leu continue de susciter une vive émotion dans la commune. Au-delà de la disparition d’une habitation chargée d’histoire pour ses occupants, l’affaire prend désormais une tournure politique, chacun rejetant la responsabilité de cette décision.

Face aux critiques, le maire de Saint-Leu, Karim Juhoor, affirme ne porter aucune responsabilité dans cette démolition. Dans plusieurs prises de parole sur les réseaux sociaux, l’édile explique que l’autorisation de démolir ne relève pas de son équipe municipale mais de l’ancienne majorité. Selon lui, cette dernière ne s’est pas opposée à la demande formulée par le propriétaire du terrain et, en ne rendant aucun avis dans les délais impartis, a laissé naître une autorisation tacite de démolition.

De son côté, le Conservatoire du littoral rappelle être propriétaire de la parcelle depuis 2004. L’établissement public précise que la maison démolie était implantée sur un terrain lui appartenant et que son occupant ne disposait d’aucun titre ou droit d’occupation.

Le Conservatoire indique également avoir informé l’occupant de l’opération et lui avoir accordé un délai afin qu’il puisse récupérer ses effets personnels avant le début des travaux. L’établissement souligne en outre qu’un constat d’huissier réalisé quelques jours auparavant faisait état d’une habitation déjà très dégradée, notamment dépourvue de toiture.

Ces explications ne suffisent toutefois pas à apaiser l’émotion provoquée par la disparition de cette maison, symbole pour la famille Futol de plusieurs générations d’histoire à Saint-Leu. L’affaire alimente désormais le débat public, entre respect du droit de propriété, préservation du patrimoine familial et responsabilités des différents acteurs institutionnels.

Alors que les échanges se poursuivent entre le Conservatoire du littoral, la municipalité et les proches des anciens occupants, cette démolition met en lumière les tensions qui peuvent naître lorsqu’un projet foncier touche un lieu chargé de mémoire et d’attachement pour une famille installée depuis plusieurs décennies.

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