Réunion

Trafic de stupéfiants à La Réunion : le ministère de l’Intérieur dévoile les coulisses d’un réseau piloté depuis la prison de Domenjod

Quelques jours après le démantèlement d’un important réseau de trafic de stupéfiants à La Réunion, le ministère de l’Intérieur a apporté de nouveaux éléments sur cette enquête d’envergure. Les précisions livrées permettent de mieux comprendre le fonctionnement de l’organisation criminelle et l’ampleur des moyens déployés pour y mettre un terme.

Selon le communiqué publié le 31 juillet 2026, les investigations menées par la Section de recherches de Saint-Denis ont établi que le trafic était orchestré depuis la maison d’arrêt de Domenjod. Le réseau s’appuyait sur l’envoi de colis postaux depuis la métropole afin d’acheminer les produits stupéfiants jusqu’à La Réunion, avant leur revente sur l’île.

L’enquête remonte à juillet 2025, lorsqu’un homme est interpellé alors qu’il tente de récupérer un colis contenant des cachets d’ecstasy dans la boîte aux lettres d’une tierce personne. Cette première arrestation conduit les enquêteurs à mettre au jour une organisation structurée, impliquée à la fois dans l’importation de stupéfiants et le blanchiment des revenus issus de ce trafic.

Au fil des investigations, les gendarmes estiment que le réseau a généré un peu plus d’un million d’euros de bénéfices en moins de deux ans, révélant l’ampleur de cette activité illicite.

Le 27 juillet dernier, une vaste opération judiciaire mobilisant plus d’une centaine de gendarmes est menée simultanément à La Réunion et en métropole. Treize personnes sont interpellées, dont douze sur l’île et une en région parisienne.

Les perquisitions permettent la saisie de près de 142 000 euros en numéraire, ainsi que de nombreux biens, parmi lesquels plusieurs véhicules, des deux-roues, du matériel multimédia, un fusil de chasse et un taser.

À l’issue des présentations devant la juge d’instruction, dix des treize personnes visées par l’opération sont mises en examen. Quatre sont placées sous contrôle judiciaire, tandis que six autres sont incarcérées en détention provisoire sur décision du juge des libertés et de la détention.

Avec ces nouvelles précisions, le ministère de l’Intérieur met en lumière l’organisation particulièrement structurée d’un trafic dont le commandement était assuré depuis un établissement pénitentiaire. Cette affaire illustre également la complexité des enquêtes menées contre les réseaux de narcotrafic et la coopération déployée entre les services d’investigation pour les démanteler.

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