Politique

Le PS et son délire de primaire à 15 balles

Nous ne sommes plus au temps d’avant où chacun faisait son choix selon ses convictions et surtout l’intelligence et le charisme d’un candidat, mais aussi son programme. Portées par les manies transatlantiques, les formations politiques françaises ont fini par adopter dans leur grande majorité un système de fonctionnement propre aux États-Unis d’Amérique qui consiste à faire des primaires pour choisir, avant toute grande échéance électorale, le candidat qui sera soutenu par le parti.

Avant les échéances de 2027, le Parti socialiste a sonné la charge avec la volonté de procéder à des primaires intra muros. Seuls les adhérents du Parti socialiste pourront prendre part à un tel vote, moyennant, selon les échos, 15 € minimum. Les sympathisants du Parti socialiste en seront totalement exclus et devront donc subir le candidat désigné par le parti.

Rien ici ne dit que le candidat désigné par la machine sera le reflet des attentes des sympathisants de base. Mais qu’à cela ne tienne, ils devront quand même voter pour le candidat désigné par les caciques du parti.

Nous nous souvenons qu’avant que les États-Uniens n’envahissent les esprits du Vieux Continent, les candidats étaient libres de se présenter comme bon leur semblait. Ce n’était pas l’appareillage qui faisait gagner le candidat, mais, comme nous le disions ci-dessus, son programme, son charisme, son intelligence et un choix mûrement réfléchi des électeurs de base.

Pourtant, dans la majorité des cas, les primaires n’ont aucune incidence réelle pour qu’un candidat accède à la plus haute magistrature. Charles de Gaulle, Georges Pompidou, Valéry Giscard d’Estaing, François Mitterrand, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et Emmanuel Macron n’ont jamais été élus pour s’être coltiné une primaire. Seul François Hollande en est sorti vainqueur. De quoi donc s’interroger sur une telle primaire à 15 balles qui, déjà, crée une distinction entre les sympathisants de base et les inscrits. Un mépris total qui pourrait se retourner contre le parti lui-même.

Reste que, de l’autre côté de l’échiquier politique, certains n’ont cure de primaire pour désigner leur candidat.

À l’extrême gauche, Jean-Luc Mélenchon est le candidat légitime tant par son charisme, qui suscite l’admiration même de ses adversaires, que par le programme qu’il propose.

À l’extrême droite, Marine Le Pen a tout le soutien de ses sympathisants malgré ses déboires judiciaires, face à un Jordan Bardella dont le storytelling s’est retourné contre lui-même après diverses enquêtes journalistiques et des interviews ratées qui l’ont présenté comme un homme ne maîtrisant aucun de ses sujets.

Nous ne parlerons pas de ceux qui ont déjà perdu, comme Éric Zemmour, Gabriel Attal, Édouard Philippe, Bruno Retailleau… et la liste étant longue parmi les perdants, on ne pourra donc pas les citer.

Mais une chose est sûre, les primaires n’ont pas forcément vocation à faire gagner un candidat, hormis François Hollande qui, par ailleurs, n’a pu faire qu’un mandat.

Et le pire, c’est que dans l’ombre, Dominique de Villepin commence sérieusement à s’imposer dans le paysage politique malgré le scandale des statuettes ayant ouvert une enquête préliminaire. L’homme est un ancien Premier ministre de Jacques Chirac. Celui-ci a fondé en 2025 son propre mouvement politique, « La France humaniste », qui semble faire la jonction entre les différentes factions politiques présentes.

De quoi donc renvoyer aux oubliettes une primaire à 15 balles qui n’aura aucune capacité à faire gagner le Parti socialiste. Du moins à l’heure où nous écrivons ces lignes, et ce d’autant plus que l’extrême droite a le vent en poupe partout en Europe et même dans le Nouveau Monde.

Reste donc à voir ce qu’il en sera en 2027 face à la profusion des candidats qui seront en lice.

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