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Mégafeu : le gouvernement a menti et méprisé les Français

Toute honte bue, le gouvernement vient de révéler, par la voix de Laurent Nuñez, qui ne se savait pas enregistré, que derrière le discours officiel tenu face au mégafeu ayant frappé la France se cachait une réalité autrement moins reluisante.

C’est Mediapart qui révèle les dessous de cette séquence. Alors que le ministre tentait de défendre devant les représentants des sapeurs-pompiers les moyens déployés par l’État face aux incendies, ses propos enregistrés à son insu donnent un tout autre éclairage à la communication gouvernementale.

Lorsque les représentants des pompiers expliquent au ministre qu’il est « impossible d’affirmer que le système a répondu à la hauteur des enjeux lorsque les conséquences humaines, matérielles, atteignent une telle ampleur », Laurent Nuñez leur répond : « […] Nous, on est aussi des politiques. Moi, je suis aussi ministre de l’Intérieur, certes ancien préfet, très haut fonctionnaire dans ma tête, mais je suis aussi un politique. Quand vous avez des opposants qui disent qu’il n’y a pas assez de moyens aériens, c’est normal qu’on ait une posture. »

Une phrase particulièrement lourde de sens. Elle laisse entendre que la défense publique des moyens engagés ne reposait pas uniquement sur une appréciation opérationnelle de la situation, mais répondait également à une nécessité politique : contrer les critiques de l’opposition.

Pendant ce temps, sur le terrain, les sapeurs-pompiers étaient, eux, réellement au feu. Certains y ont laissé leur vie. D’autres ont combattu des incendies d’une ampleur considérable avec des moyens dont leurs représentants contestent aujourd’hui qu’ils aient été à la hauteur des enjeux.

C’est précisément là que la polémique prend une autre dimension. Car si le gouvernement savait que la situation était plus fragile que ne le laissait entendre sa communication publique, la question n’est plus seulement celle de l’insuffisance éventuelle des moyens : elle devient celle de la sincérité du discours tenu aux Français.

Alors que les incendies ne sont pas encore tous circonscrits, un autre feu menace désormais de prendre : celui d’une accusation de mensonge d’État et d’une politique gouvernementale qui, derrière les éléments de langage et les postures politiques, pourrait ne pas avoir su prendre la mesure des enjeux auxquels le pays était confronté.

(image d’illustration)

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