PISA 2025 : en France, le niveau des élèves de 15 ans n’a jamais été aussi bas en lecture et en mathématiques
Le constat est préoccupant pour l’École française. L’OCDE a dévoilé ce mardi 8 septembre les résultats de son enquête PISA 2025, qui évalue les compétences des élèves de 15 ans à travers le monde. En France, les performances en compréhension de l’écrit et en mathématiques poursuivent leur recul et atteignent leur plus bas niveau depuis le lancement de l’enquête PISA en 2000.
La France n’est toutefois pas un cas isolé. Cette baisse touche une grande partie des pays développés et les performances moyennes enregistrées dans l’ensemble de l’OCDE sont elles aussi les plus faibles jamais observées en mathématiques et en lecture.
PISA 2025 constitue la plus importante évaluation jamais réalisée dans le cadre de ce programme : quelque 760 000 élèves de 15 ans, répartis dans 91 pays et économies, ont participé aux épreuves.
En France, environ 10 000 élèves issus de 352 établissements ont été concernés par l’enquête. Les épreuves portaient sur les sciences, domaine principal de cette édition, mais également sur la compréhension de l’écrit, les mathématiques et les compétences numériques.
La tendance observée dépasse largement les frontières françaises. Entre 2015 et 2025, le score moyen en lecture a chuté de 28 points dans les pays de l’OCDE, ce qui correspond, selon l’organisation, à environ une année et demie d’apprentissage. En mathématiques, la baisse atteint 22 points sur la même période, soit l’équivalent d’un peu plus d’une année d’apprentissage.
Conséquence de cette dégradation : un élève de 15 ans sur cinq dans les pays de l’OCDE présente désormais un niveau insuffisant à la fois en sciences, en mathématiques et en lecture. Ils étaient 16 % en 2022.
La situation est moins défavorable concernant les sciences. Avec un score moyen de 483 points, les élèves français se situent dans la moyenne des pays de l’OCDE. Mais là encore, sur une période plus longue, les performances françaises sont orientées à la baisse par rapport à 2015.
L’enquête met également en évidence le poids persistant des inégalités sociales sur la réussite scolaire. En France, les écarts de performances selon l’origine sociale restent parmi les plus élevés observés dans l’OCDE.
L’OCDE pointe par ailleurs le rôle croissant du numérique dans les conditions d’apprentissage. Plus d’un élève sur quatre déclare que ses camarades sont systématiquement ou presque systématiquement distraits par des appareils numériques pendant les cours de sciences. Les élèves entourés de camarades ainsi distraits obtiennent généralement de moins bons résultats.
L’utilisation de l’intelligence artificielle fait également son entrée dans l’analyse de PISA. L’OCDE estime que ces outils peuvent contribuer aux apprentissages lorsqu’ils sont correctement utilisés, mais observe de moins bons résultats chez les élèves qui déclarent recourir à l’IA pour rédiger leurs devoirs.
Face aux résultats français, le ministère de l’Éducation nationale reconnaît « un nouveau recul en compréhension de l’écrit et en mathématiques » et affiche désormais l’ambition de ramener la France au-dessus de la moyenne de l’OCDE dès PISA 2029, avec un objectif de progression de 20 points.
Pour tenter d’inverser la tendance, le ministère entend notamment renforcer la lecture et les mathématiques, limiter davantage les usages numériques, développer la formation des enseignants et mieux associer les parents au suivi de la scolarité.
Au-delà du seul cas français, PISA 2025 lance donc un avertissement à une grande partie des systèmes éducatifs des pays développés : malgré les moyens consacrés à l’éducation et la multiplication des outils numériques, les compétences fondamentales des adolescents en lecture et en mathématiques continuent de s’éroder.
