Carcassonne : des policiers municipaux enregistrés à leur insu, des propos racistes, misogynes et putschistes au cœur d’une enquête
Une affaire particulièrement sensible secoue la police municipale de Carcassonne. Selon une enquête publiée par Midi Libre et reprise par plusieurs médias nationaux et régionaux, des policiers municipaux ont été enregistrés à leur insu durant une patrouille, tenant notamment des propos racistes, misogynes, homophobes, complotistes et faisant référence à l’idée d’un putsch.
Les faits remontent au 6 novembre 2025. Ce soir-là, quatre policiers municipaux patrouillent dans les rues de Carcassonne. La caméra-piéton portée par l’un des agents aurait continué à fonctionner sans que l’équipage ne s’en aperçoive. Au total, près de six heures d’échanges auraient ainsi été enregistrées.
Selon Midi Libre, qui indique avoir pu consulter ces images, un brigadier-chef de 50 ans, ancien militaire du 3e RPIMa de Carcassonne, serait l’auteur de la majorité des propos incriminés. Les conversations enregistrées comporteraient de nombreuses expressions à caractère raciste ainsi que des déclarations misogynes, homophobes, complotistes et politiques.
L’affaire aurait commencé à circuler en interne à la fin de l’année 2025. Le brigadier-chef concerné aurait alors lui-même déposé plainte pour atteinte à la vie privée. C’est dans ce contexte que les gendarmes auraient récupéré les enregistrements. Le parquet de Carcassonne a depuis ouvert une enquête préliminaire, selon plusieurs médias ayant repris les révélations de Midi Libre.
L’affaire comporte également un volet politique. L’agent présenté comme le principal auteur des propos apporterait ponctuellement son concours au Département protection sécurité (DPS), le service d’ordre du Rassemblement national. Il aurait notamment participé à la sécurité de Jordan Bardella lors de plusieurs déplacements.
Le policier était par ailleurs en arrêt maladie au début de l’année 2026. Selon les informations publiées par la presse, il aurait néanmoins participé au dispositif de sécurité entourant la venue de Jordan Bardella à Carcassonne le 7 février 2026. Le président du Rassemblement national s’était alors déplacé dans la cité audoise pour soutenir Christophe Barthès, candidat RN aux élections municipales.
Christophe Barthès a finalement remporté la mairie de Carcassonne le 15 mars 2026. Un élément de calendrier relevé par plusieurs médias interpelle : l’arrêt maladie du brigadier-chef aurait pris fin dès le lendemain de cette victoire électorale. L’agent aurait ensuite repris son activité au sein des équipes de nuit de la police municipale.
L’affaire ne se limiterait toutefois pas aux propos enregistrés. Selon Le Parisien, un autre agent aurait porté plainte contre le brigadier-chef en affirmant avoir été menacé. Plusieurs fonctionnaires auraient également déposé plainte pour harcèlement et certains seraient actuellement en arrêt maladie.
Une enquête administrative avait par ailleurs été engagée sous la précédente municipalité, alors dirigée par Gérard Larrat. Sur le plan judiciaire, les investigations ouvertes par le parquet doivent désormais permettre de déterminer les éventuelles infractions susceptibles d’être caractérisées et les responsabilités individuelles des agents apparaissant ou s’exprimant dans les enregistrements.
À ce stade, les personnes concernées restent présumées innocentes tant qu’aucune décision judiciaire définitive n’a établi leur culpabilité.
